Asperger ou Haut Potentiel ? Comment distinguer les deux ?

By Philosophine | Aspie-land

​Dans cet article, nous allons aborder une question qui revient régulièrement dans les commentaires de mes articles ou sur les réseaux sociaux : Asperger ou haut potentiel ? Quelle est la différence ? Comment distinguer les deux ? Peut-on être les deux à la fois ? 

asperger ou haut potentiel

​S'il est vrai que certaines caractéristiques peuvent être communes aux deux, nous allons voir qu'il y a également de nombreuses différences. Avant de creuser le sujet, je voudrais revenir 

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Mea culpa...

​​Suite à mes premiers articles publiés sur le syndrome d’Asperger, j’ai reçu des messages de personnes qui se reconnaissent dans mes écrits et se posent la question d’être sur le spectre de l’autisme. Je me suis rendue compte que commencer ma série d’articles par le thème de la fatigue chez les personnes Asperger n’était pas une super idée.

Chaque aspect du syndrome peut être confondu avec d’autres troubles ou pathologies. Quand je parle de fatigue dans les relations sociales, une personne à Haut Potentiel peut ressentir de la fatigue du fait d’être en décalage avec les autres. Les particularités alimentaires peuvent être semblables (en apparence) aux troubles alimentaires que rencontrent des personnes ​anorexiques. De même que les stéréotypies peuvent être confondues avec des troubles obsessionnels compulsifs.

Ce qui détermine le syndrome d’Asperger est d’une part l’origine exacte et la manifestation spécifique de ces symptômes, et d’autre part, le cumul d’un certain nombre de caractéristiques bien définies.

J’aurais dû commencer par le commencement et lister les caractéristiques du syndrome d’Asperger avant de me focaliser sur les détails ou de suivre mon inspiration du moment.

​Asperger ou haut potentiel ? 

Le point sur lequel il y a souvent confusion, c’est celui entre Asperger et Haut Potentiel (HP). En effet, certains traits du syndrome d’Asperger peuvent être communs (en apparence) à ceux du HP tels que les difficultés de communication avec les autres, une grande sensibilité, le fait de ne pas être dans le moule ou de ne pas trouver sa place…

On peut aussi cumuler les deux auxquels peuvent s’ajouter d’autres troubles tels que le TDA/H (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Comme vous le voyez, ce n’est pas si simple et ça demande de la recherche et une bonne connaissance de soi.

Dans le cas ou Asperger et HP se cumulent, le diagnostic est toujours plus compliqué car les caractéristiques du HP peuvent venir masquer ou compenser certaines difficultés liées à Asperger.

Pour écrire cet article, je me suis largement inspirée d’une conférence d’Alexandra Reynaud auteure des livres Les tribulations d’un petit zèbre et Asperger et fière de l’être, intervenue lors du Congrès de la Douance en 2017 à sur le thème des liens entre HP et Asperger. Cette conférence m’avait permise d’éclaircir ma situation, ayant eu beaucoup de difficultés à me positionner avant de me lancer dans une démarche de diagnostic.  

asperger ou haut potentiel
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​Encore des étiquettes...

Vous allez me dire : « Mais pourquoi vouloir un diagnostic et se coller des étiquettes ? Accepte-toi telle que tu es ! »

Si je n’étais pas en situation d’échec social comme je le suis et l’ai toujours été (engendrant isolement et précarité), je ne sais pas si j’aurais fait les démarches. Hélas, dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, le syndrome d’Asperger est un « handicap » parce qu’il est encore trop méconnu et mal compris.

La reconnaissance du syndrome est souvent une étape libératrice qui permet à la personne Asperger de mieux se comprendre, de s’accepter et de pouvoir mettre clairement des limites aux attentes des autres, sans dévalorisation ni culpabilité. Alors oui, il y a toujours le risque de s’enfermer dans ces étiquettes. Mais à partir du moment où la volonté d’évoluer et de sortir de sa condition de victime est présente, le risque s’amoindrit considérablement. 

Dans cet article, nous allons passer en revue les manifestations courantes que l’on retrouve chez la personne porteuse du syndrome d’Asperger, et qui ne sont pas ou peu présentes chez la personne uniquement Haut Potentiel. Enfin, nous verrons comment les deux peuvent se superposer.

​Les caractéristiques d'une personne Asperger

Le syndrome d’Asperger est un trouble neuro-développemental situé sur le spectre de l’autisme à proximité de l’autisme de haut niveau et sans déficience intellectuelle. 

Attention, « haut niveau » ne veut pas dire « haut potentiel » et il y a souvent confusion entre ces deux termes. Un autiste dit de « haut niveau » est u​ne personne dont l'autisme est peu sévère. Il n’y a aucune corrélation entre la catégorisation dite de « Haut Niveau » et le niveau d’intelligence (QI). On trouvera aussi bien des personnes autistes sévères sans déficience intellectuelle que des personnes dont l’autisme est peu sévère mais qui présentent une déficience intellectuelle.

Or, chez l'Asperger, il n'y a pas de déficience intellectuelle.

On peut également distinguer l’autisme de haut niveau sans Asperger de l’autisme avec Asperger. Même si la différence à l’âge adulte est moindre, il faut savoir que les deux ne se développement pas de la même manière. Chez l’autiste de haut niveau  sans Asperger, il y a généralement un retard de l’apparition du langage. Chez l’Asperger, il n’y en aura pas, voire au contraire une précocité, ce qui lui confère un développement différent, basé essentiellement sur la parole.

Le syndrome d’Asperger ayant disparu du DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), toutes les formes d’autisme sont aujourd’hui regroupées sous le terme de Troubles du Spectre Autistique (TSA) et se caractérisent par : des déficits de la communication et des interactions sociales ainsi qu’un caractère restreint et répétitif des comportements et des intérêts.

​​Un ouvrage  que je recommande pour comprendre le syndrome d'Asperger : le guide complet de Tony Attwood.

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​Déficit de communication et des interactions sociales

La difficulté majeure d’une personne Asperger ​reste la communication. La difficulté à interagir avec les autres, à saisir l’implicite, les métaphores, les codes sociaux et le non-verbal. 

Elle fera également preuve d’un non-verbal très pauvre. Céant de nombreux malentendus ou mauvaises interprétations de ses paroles. Elle peut être perçue comme une personne naïve du fait de ne pas saisir l’implicite. Malgré tout, bon nombre d’Asperger ont une grande volonté de s’intégrer. Ils vont donc tenter – maladroitement – de se conformer aux règles malgré les difficultés.

Le HP n’a pas de problème à saisir l’implicite, ni les codes sociaux. Bien au contraire, il les comprend tellement bien qu’il a généralement très peu envie de s’y conformer, de jouer un rôle social auquel il n’adhère pas. Cependant, il peut facilement faire semblant pour s’adapter aux situations bien que ça lui coute en énergie. 

​Pour une personne Asperger, cela demandera beaucoup plus d’efforts et de gymnastique cognitive. D’abord pour comprendre la situation puis pour l’imiter. Cela dit, l’Asperger peut évoluer grâce à l’expérience (d’autant plus s’il est HP) ou à l’aide de groupes d’habilités sociales.

​Jusqu’à la vingtaine, j’ai tenté en vain d’imiter les autres pour m’adapter à des situations qui m’échappaient totalement. Puis, lorsque j’ai eu accès ​à la connaissance (livres, internet), le HP qui sommeillait en moi s’est brutalement réveillé, m’aidant à développer quelques habilités sociales même si celles-ci restent limitées, mais suffisantes pour passer inaperçues dans de brefs échanges sociaux. 

​Grâce à mes lectures, observations et expériences, j’ai pu comprendre des situations sociales ou codes sociaux qui m’échappaient ​sans pour autant avoir le désir de m’y conformer. Par exemple, si je comprends un peu mieux le langage implicite entre homme et femme je suis totalement incapable de m’y conformer et je n’en vois pas l’intérêt…

​La difficulté à poser le regard

Poser correctement son regard dans une interaction est un acte qui peut être difficile pour une personne autiste Asperger. Elle aura tendance à avoir un regard fuyant (ou au contraire, fixer un peu trop intensément), ce qui peut être mal interprété.

En effet, dans le langage non-verbal d’une personne neuro-typique (non autiste), ne pas regarder dans les yeux est habituellement signe de gène, de mensonge ou d’absence de franchise. Ce simple geste, l’Asperger doit l’apprivoiser petit à petit. Parfois en développant des stratégies de compensation telles que regarder la bouche ou entre les deux yeux. 

Pourquoi cette difficulté ? J’ai trouvé un article qui recense quelques unes des explications plausibles données par des personnes concernées. Dans mon cas, j’ai l’impression de ne plus avoir accès à mon cerveau dès lors que je regarde la personne dans les yeux.

Je perds le fil de mes pensées et l’acte de parler devient difficile. C’est comme si ma manière de communiquer passait avant tout par le visuel. Je « vois » dans mon cerveau tout ce que je vais dire avant de parler et je dois transformer ces nombreuses images mentales en mots. 

Dès que je regarde la personne dans les yeux, je n’ai plus accès à mon cerveau. Je ne suis plus capable d’aller au delà d’une simple réponse basique. Ce qui m’amène souvent à répondre en écholalie​. C’est-à-dire en répétant une partie de la question de mon interlocuteur, pour me donner le temps de « l’imprimer » dans mon cerveau et donc de réfléchir. Nous reparlerons de l’écholalie dans le paragraphe sur les stéréotypies.

L'autisme expliqué aux non-autiste est un ouvrage complémentaire au précédent avec en plus un regard différence, puisque l'une des auteures de ce livre est autiste.

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​Caractères restreints et répétitifs des intérêts

Les intérêts spécifiques et obsessionnels

Les personnes Asperger ont, pour la majorité d’entre elles, un ou plusieurs intérêts qu’on dit « restreints » ou « spécifiques » car ils accaparent la majorité de leur temps et de manière intense et répétitive. L’intérêt spécifique, c’est plus qu’une passion, c’est une obsession qui pousse la personne à accumuler et cataloguer le plus d’informations possibles sur un sujet spécifique. 

Elle aura du mal à s’intéresser à autre chose et aura tendance à orienter toutes conversations avec autrui vers son intérêt spécifique.  

Quand j’étais petite, mon intérêt était les chats. Je parlais de chats à longueur de journée sans me rendre compte que je pouvais ennuyer les gens. ​

Lorsque je me suis prise de passion pour l’alimentation saine, intérêt que je faisais passer au détriment de mes études​, je faisais TOUS les salons bio de l’Est de la France et j’ai découvert à peu près TOUTES les boutiques d’alimentation biologique de l’Est de l’époque. ​

Parfois les intérêts spécifiques sont moins marqués mais la personne présentera des intérêts particuliers pour des choses auxquelles les autres ne porteront aucune attention comme par exemple connaitre par coeur toutes les horaires de train.

​J’ai eu un intérêt pour les plaques d’immatriculation (je l’ai perdu lorsqu’ils ont modifié les plaques en 2009). Je faisais des calculs et des combinaisons avec les chiffres et​ je reconnaissais les voitures des gens grâce à leur plaque d’immatriculation. ​

Récemment, je me suis mise à apprendre tous les départements de France en quelques jours, jusqu’à ce que je les connaisse par coeur et que je ne fasse plus aucune erreur. ​

​Les obsessions et les intérêts restreints ne doivent pas être perçus comme quelque chose de négatif. Je vous invite à lire cet excellent article du blog Le temple bleu qui résume bien ma manière de fonctionner : Les intérêts (pas si) restreints.

​Les intérêts restreints chez les personnes à Haut Potentiel

Chez les personnes à Haut Potentiel, on retrouvera également la présence d’intérêts marqués ou de passions mais celles-ci auront tendance à passer plus rapidement d’un intérêt à un autre. Elles ont soif d’apprendre et de comprendre le monde dans lequel elles vivent.

Alors que les personnes Asperger se focalisent davantage sur des détails qui peuvent n’avoir aucun intérêt pour les autres, avec un but qui n’a pas vraiment de sens (le besoin de cataloguer des informations par exemple) le Haut Potentiel sera plus dans une dynamique de but à atteindre favorisant son évolution.  

Le besoin de routines et les difficultés à gérer les imprévus au quotidien

La personne Asperger a généralement besoin d’un cadre, de repères et que les choses soient clairement définies. Elle a du mal à gérer les imprévus et les changements. Elle peut être très rigide sur les horaires, avoir un planning bien défini et si un imprévu se glisse au dernier moment, c’est la panique ! La stabilité et le fait que chaque jour se ressemble la rassure.

À l’inverse, le Haut Potentiel s’ennuie très vite dans la routine et a besoin de changement, de nouveauté, de surprise. Il a sans cesse besoin de relever de nouveaux challenges que ce soit dans sa vie privée ou professionnelle. Il aime rencontrer de nouvelles personnes et n’est pas déstabilisé quand quelqu’un passe chez lui à l’improviste, contrairement à un Asperger.

Sur ce point, j’ai eu beaucoup de mal à me positionner car je porte ces deux aspects antagonistes en moi.

​Les routines me rassurent, la routine me déprime.

​J’ai un grand besoin de repères, de mini routines quotidiennes, de stabilité. J’ai beaucoup de mal à gérer les imprévus, je déteste les changements de dernière minute à moins qu’ils soient bien cadrés. Je n’aime pas les « on verra au dernier moment ». J’ai besoin de savoir où, quand, comment et avec qui. 

Je n’aime pas qu’on sonne à ma porte sans m’avoir prévenue plusieurs jours à l’avance. Dans 95% des cas, je n’ouvrirai pas. Si j’étais en recherche de travail, j’opterais sans aucun doute pour quelque chose de répétitif et sans surprise. Un travail qui ne laisse pas de place à l’imprévu ou à l’ambiguïté.

Mais je sais aussi que je m’en lasserai certainement très vite… car paradoxalement, je ne supporte pas la routine. J’aime faire les choses de la même manière et en même temps, je n’aime pas que les jours se ressemblent.

J’aime le nouveau et l’aventure, même si c’est toujours très déstabilisant pour moi. J’adore déménager, j’adore me créer de nouvelles habitudes, j’adore voyager, découvrir de nouveaux lieux voire même partir à l’aventure mais toujours dans un cadre plus ou moins balisé et seulement quand c’est moi qui le décide.

Je peux faire une chose de la même manière durant un temps puis d’un coup en avoir marre, prendre un virage à 180 degrés et repartir sur une autre manière de faire durant des semaines. Le changement fait partie du processus d’évolution et je pense que c’est un facteur essentiel à la vie dont je ne veux pas passer à côté.

​Le respect strict des règles

Une personne Asperger aura tendance à respecter strictement une règle ou un règlement tel que le code de la route, les horaires ou une consigne, une notice, la fonction d’un objet. 

Je peux être méga rigide sur des petits détails bêtes et insignifiants comme suivre un traçage pour piéton au sol, ne pas traverser en dehors des passages. Sauf s’il n’y en pas pas à moins de 100m, je ne suis pas maso non plus. Je vais avoir du mal à détourner un objet de son utilisation première pour une autre utilisation sauf si je suis dans une optique de « recyclage » ou de « récupération ».

Je vais respecter les règles et règlements à la lettre parce que « c’est comme ça » sauf dans le cas où ceux-ci me semblent profondément absurdes ou injustes, dans ce cas je vais suivre mes propres règles mais toujours avec une certaine rigidité et sans dévier de mon chemin.

Les stéréotypies

Les stéréotypies sont des gestes involontaires qui rassurent. Ils peuvent se manifester par des frottements, des pressions, des balancements, du flapping (brasser du vent avec ses mains et ses bras comme un papillon) ou encore émettre des petits bruits ou pousser des cris d’animaux particulièrement chez les jeunes enfants. Les stéréotypies s’atténuent généralement en grandissant ou passent plus inaperçues.

Comme Marie-Josée Cordeau, auteur du livre Derrière le mur de verre et du blog 52 semaines avec une autiste Asperger, je frotte mes mains ensemble comme on le fait lorsqu’on a froid. L’hiver ça passe inaperçu, l’été sous la canicule, un peu moins…

Je frotte mon visage très fort aussi quand je dois fournir beaucoup d’effort. Quand j’étais plus jeune, j’avais un peu de corne sur mes index à force de les serrer contre des bouts de tissus, tout comme Marie-Josée explique qu’elle a de la corne entre les doigts là ou les gens « normaux » n’en ont pas, à force de frotter ses doigts entre eux.

​Pourquoi ces stéréotypies ?

​​C'est au delà du stress, bien qu’elles soient intensifiées avec les émotions. Personnellement, je vois la stéréotypie comme une manière de me recentrer dans mon corps et dans l’espace. Je pense que les personnes autistes ont de gros problème d’ancrage, cela se perçoit généralement dans leur allure. 

De ce fait, nous perdons facilement la connexion avec notre corps et nous avons besoin de stimuli pour nous rappeler sa présence. Et ce, surtout lorsque les émotions nous envahissent qu’elles soient positives ou négatives.

Nous avons du mal à ressentir, percevoir notre corps dans l’espace. Par exemple, si je n’ai pas de vêtements sur ma peau, j’ai du mal à savoir où est mon corps, à le ressentir, à le percevoir. Une stéréotypie telle qu’une pression forte ou un balancement permet de reprendre ma place dans le spatio-temporel et de savoir que je suis bien là, au moment présent. C’est un peu comme la personne qui se pince pour savoir si elle rêve ou pas.

Les stéréotypies peuvent aussi se traduire par le besoin d’aligner des objets. Cet acte permet de remettre de l’ordre dans le chaos perçu par notre cerveau. Aligner des objets fait du bien, détend. J’aime énormément aligner des objets, ranger des cartes « dans l’ordre ».

Petite, je prenais beaucoup plus de plaisir à aligner des cartes ou ranger des jeux de société dans leur boite d’une manière bien précise plutôt que de jouer avec. Cela me calmait intérieurement et me soulageait du chaos que me procure le monde extérieur.

Enfin, l’écholalie est habituellement rangée dans la case des stéréotypies bien qu’à mon sens, ce soit davantage un déficit de communication. C’est pourquoi je vous en ai parlé plus haut. L’écholalie consiste à répéter en guise de réponse la phrase ou une partie de la phrase de son interlocuteur.

​Derrière le mur de verre, c'est entrer en immersion durant 52 semaines dans la vie de Marie-Josée Cordeau.

Marie-Josée ​est également l'auteure des minutes autistiques​ qu'elles partagent sur sa chaîne Youtube.

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​Autres particularités propres aux personnes Asperger

​L'hypersensibilité et l'hyposensibilité sensorielle

Bien que l’hypersensibilité sensorielle puise être présente chez des personnes non autistes et assez couramment chez les personnes à haut potentiel, ça reste une caractéristique très marquée chez l’autiste où on retrouve soit une hypersensibilité, soit une hyposensibilité ou parfois une variation des deux. 

L’hyper ou l’hyposensiblité peuvent concerner tous les sens :

  • La vue : ne pas supporter les fortes lumières ou au contraire, être attiré par les lumières et les objets brillants.
  • L’ouïe : ne pas supporter les bruits, être gêné par les bruits de fond dans une conversation ou au contraire être attiré par les bruits forts et stridents tels qu’une sirène.
  • Le toucher : ne pas aimer le contact physique, être sensible aux vêtements, aux textures alimentaires ou au contraire rechercher des sensations tactiles fortes telles que des pressions ou être insensible à la douleur.
  • L’odorat : être sensible à la moindre petite odeur ou au contraire, être en recherche d’odeurs fortes et désagréables.
  • Le goût : refuser de manger des aliments au goût prononcé ou au contraire, être en recherche de goûts très prononcés.

L’Asperger est également extrêmement sensible à son environnement. Il ressent tout avec une forte intensité et notamment les émotions des gens qui l’entourent. On dit souvent que les autistes manquent d’empathie, ce n’est pas tout à fait juste. Si les Asperger manquent d’empathie cognitive, (le fait de se mettre à la place de l’autre, surtout s’il n’a jamais vécu la situation), ils sont dotés d’une très forte empathie émotionnelle, beaucoup plus forte que chez une personne non autiste.

​Une grande maladresse physique

Les personnes Asperger présentent souvent des petites difficultés motrices, un manque de souplesse et de coordination des mouvements, leur donnant un air maladroit. Leurs gestes peuvent êtres lents, saccadés, mal coordonnés.

Elles ont souvent une démarche un peu particulière et semblent ne pas habiter leur corps. De ce fait, elles peuvent avoir des difficultés dans des pratiques sportives ou encore pour passer le permis de conduire.

Ma mère me dit toujours que quand je marche, on dirait que je survole le sol. Je ne suis pas ancrée. Elle s’est toujours plus ou moins tracassée de mon air maladroit et des mes petites difficultés de motricité fine bien qu’elle ait mise cela sur le fait je sois gauchère. Mais la gaucherie n’explique pas tout.

Mes gestes sont saccadés, pas fluides. Je manque cruellement de souplesse. Les activités sportives durant ma scolarité étaient ma hantise. J’étais encore plus nulle que les nuls, entre ma maladresse physique, mon incompréhension des règles, le manque du sens de la compétition et l’hypersensibilité sensorielle… un calvaire dont je me serais bien épargnée !

​Les particularités alimentaires

Les personnes autistes peuvent présenter des difficultés avec certains types d’aliments, les textures, les couleurs ou encore les mélanges de saveurs et par conséquent être hyper sélectifs dans le choix de leur alimentation. Ces particularités peuvent avoir un impact sur la santé, d’autant plus si la personne présente une rigidité dans sa routine alimentaire (si elle mange toujours la même chose) ou être un frein à l’intégration sociale.

Mes premiers souvenirs de « bizarreries » alimentaires remontent à l’enfance où je mangeais tout nature (salade, crudités, frites, pâtes…) et ne supportais pas la vue et la texture des sauces, quelles qu’elles soient.

J’avais beaucoup de mal à accepter les mélanges, je préférais les aliments séparés. Il y a des textures que je pouvais difficilement avaler comme certains aliments trop mous, trop liquides ou avec des morceaux. Par exemple, ajouter à des céréales croquantes un ingrédient liquide tel que le lait était visuellement et « texturellement » intolérable.

J’ai aussi quelques réticences à manger des aliments de couleur rouge surtout s’ils sont mélangés à d’autres, comme les plats contenant des tomates.

L’alimentation et la santé faisant parties de mes intérêts spécifiques (donc obsessionnel), j’y accorde beaucoup, beaucouuuuuuuuup d’importance, par conséquent, je n’ai jamais présenté de problèmes majeurs liés à mes particularités. Pour en connaitre davantage, je vous invite à lire mon article Autisme et alimentation : mes bizarreries alimentaires.

Quand Asperger et HP se superpose

Dans sa vision de l’autisme, Alexandra Reynaud parle d’un spectre continuum dans lequel elle place l’autisme sévère à l’une des extrémités et le haut potentiel (sans autisme) à l’autre. 

Et entre les deux, on y retrouve l’autisme de haut niveau dont le syndrome d’Asperger. Ce qui fait qu’entre le syndrome d’Asperger et le Haut Potentiel, il y a tout un spectre avec des personnes qui partagent les deux avec des degrés différents. Je trouve cette théorie assez convaincante.

Lorsque j’ai découvert les caractéristiques d’une personne à Haut Potentiel, je me suis aussitôt retrouvée dans la majorité d’entre elles. Et pourtant, quelques-unes m’échappaient ou ne me parlaient qu’à moitié. Je sentais qu’il y avait « autre chose ».

Le HP ne pouvait pas expliquer certaines de mes difficultés de communication. Lorsque ensuite j’ai découvert le syndrome d’Asperger, j’étais sceptique, je ne m’y retrouvée pas d’une manière claire et évidente. Ce n’est qu’en regroupant les deux (Asperger et HP) que tout s’est éclairé.

Lorsque Asperger et HP se cumulent, la personne aura d’autant plus le désir et la capacité à masquer ses difficultés, ses bizarreries, ses stéréotypies. Cependant, masquer ses difficultés ne veut pas dire qu’elles n’existent plus… elles seront seulement moins visibles aux yeux des autres. 

Les personnes qui cumulent Asperger & Haut potentiel sont d’autant plus difficiles à diagnostiquer du fait de leur sur-adaptation et de leur capacité à « sauver les apparences ». Cette sur-adaptation les pousse à fournir des efforts considérables qui un jour ou l’autre les conduise à l’effondrement qui peut se manifester par un pétage de plombs, une dépression.

Rappelons qu’une étude a mis en évidence que le taux de suicide chez les personnes présentant des troubles autistiques sans être diagnostiquées et particulièrement chez les femmes est supérieur à celui de la population générale.

​Comment cette superposition se manifeste chez moi ?

​– Ayant conscience qu’un être humain évolue dans le changement, mon besoin d’évolution me pousse à aller au-delà de mes routines et rituels quotidiens malgré le stress qu’engendre le changement chez moi. Mes routines, rituels et obsessions sont toujours présents mais moins marqués.

– Ma conscience de blesser l’autre en étant trop directe ou en disant des choses socialement incorrectes me pousse à me retenir, à chercher ce qui est correct ou pas et par conséquent à prendre milles précautions dans ma manière de m’exprimer voire à me renfermer dans le mutisme. De ce fait, j’évite les gaffes sociales et mes difficultés passent inaperçues. Au pire, je passe pour quelqu’un de timide ou de froide et distante.

– Mes intérêts spécifiques sont intenses, obsessionnels mais très variés. Je vais aussi bien avoir des intérêts dénués de sens que j’évite d’étaler en public, étant consciente qu’ils n’ont d’intérêt que pour moi, que des intérêts favorisant ma propre évolution et l’évolution de ce monde que je mets en avant. Mes intérêts « bizarres » passent donc plus ou moins inaperçus.

– Si l’alimentation représente parfois une petite difficulté, ma conscience qu’une alimentation saine est indispensable au bon fonctionnement de l'organisme me permet de contourner certaines de mes difficultés et passent donc inaperçues.

– Apprendre les codes sociaux par l’observation me permet de comprendre par exemple que dans une interaction sociale, il est important de soutenir le regard de l’autre. Même si ça représente une difficulté, je me force à le faire un minimum, passant donc encore une fois inaperçue.

– Comprendre que les stéréotypies ne sont pas forcément très bien tolérées en public fait que je me retiens énormément en société et me lâche totalement chez moi. Mes stéréotypies passent plus ou moins inaperçues.

Il n’y a que l’hypersensibilité qu’il m’est difficile de masquer quoique, pendant longtemps je me suis retenue de boucher mes oreilles lorsqu’un bruit m’agresse (une sirène de pompier, un chien qui aboie…) mais dorénavant, je privilégie mon confort et ne me retiens plus.

J’espère que grâce à cet article, vous pourrez cerner un peu mieux ce qu’est le syndrome d’Asperger et ainsi, le distinguer clairement du Haut Potentiel qui sont deux choses totalement différentes, bien qu’elles puissent se superposer.


About the Author

Semeuse de graines de bien-être !

  • eddy dit :

    Bonjour,
    Cela fait maintenant plus de six mois que je fais des recherches sur le syndrome d’Asperger. J’ai voulu entamer un diagnostic au cra de ma région mais malgré le fait qu’il aient accepter mon dossier, j’ai dû abandonner devant les réticences et même l’interdiction de mes proches de continuer dans cette voie. Je faisais même partie d’un groupe facebook ou je me sentais bien. Aussi, je continue mes recherches car je pense être atteint de ce syndrome de façon modérée. J’ai lu Attwood. J’ai parcouru beaucoup de blog, lu beaucoup de témoignages et j’ai discuté avec beaucoup d’Aspies. Je voudrais vous dire merci de partager dans les détails tout ce qui se rapporte au syndrome à travers le prisme de votre vie. Cela aide beaucoup ceux qui ne peuvent s’appuyer que sur l’auto-diagnostic. Même si beaucoup de choses me font penser que je suis sur la bonne voie, je profite de mon travaiul de nuit pour réunir le plus d’informations sur le sujet afin de lever mes doutes au maximum et finir par m’auto-diagnostiquer. Encore merci de partager votre intimité avec nous.

    • Philosophine dit :

      Bonsoir Eddy,

      Je trouve vraiment dommage que vos proches vous aient empêché d’aller jusqu’au bout de vos démarches. Ce peut être tellement important et libérateur pour certaines personnes de recevoir un diagnostic… Vous avez entièrement raison de poursuivre vos recherches qui permettent dans tous les cas de mieux vous connaitre. Contente que mon article ait pu y participer !

    • Ghyslain dit :

      Selon le modèle de B. Harrisson, nous sommes tous plus ou moins autistes, et tous plus ou moins asperger, qu’on soit HP ou pas. L’HP viendrait du bon équilibre entre la construction rigide et plastique du cerveau. https://1drv.ms/b/s!AgvWNgYISJ2BiCHRMihN6yVx5uH3

      • Philosophine dit :

        Bonjour Ghyslain,

        Je vous remercie pour le partage du livre de B. Harrisson que je lirai avec plaisir dès que j’aurais un peu de temps, pour mieux comprendre sa théorie.

  • Vanessa dit :

    Merci pour cet article très intéressant. Je découvre avec lui ce qu’est vraiment un HP et je trouve -comme vous- que la théorie d’un spectre large entre Asperger et HP et très plausible. Maman d’un garçon de 12 ans qui présente des signe Asperger clairs mais est très habile dans les conventions sociales, je reconnais dans les 2 cas beaucoup de ses comportements. Une nouvelle piste très intéressante, merci!

  • Hln dit :

    Difficile pour moi de me positionner entre les deux. Quand j’essaie de faire comprendre à mes proches que j’aimerais me faire diagnostiquer : pourquoi faire ? Ça va te servir à quoi ?
    Sachant aussi que le coût des tests fait bloquer mon conjoint.
    Je veux juste être testé pour que je puisse dire : si je suis comme ça c’est pas parce que je suis une sauvage asociable fragile et tjs fatiguée juste parce que j’ai un trouble.
    Ça justifierait à mon mari mon instabilité professionnel, mon besoin d’être stimulé
    T’es articles sont toujours intéressant que je suis avec plaisir sur Facebook.

    • Philosophine dit :

      Oh quel dommage que tes proches ne comprennent pas ton besoin d’être diagnostiquée. Cela peut être tellement important pour mieux se connaitre, en parler et pouvoir avancer. Si tu veux tenter le diagnostic d’Asperger, c’est gratuit dans les CRA. Le problème c’est que l’attente peut être très longue et déstabilisante (1 à 2 ans en moyenne). Par contre, pour le HP, il faut en effet débourser… Mais pouvoir mieux cerner son profil par le biais des lectures (livres & articles) est déjà très important je pense !

      Merci pour tes encouragements 🙂

  • Véronique dit :

    Merci pour cet article !! Il est passionnant de lire les témoignages d’autistes Asperger.

    Je me suis posée beaucoup de questions, depuis le début de dépistage de mon fils de 5 ans Aspie-HP (encore sur liste d’attente pour le diagnostic, mais pour moi ça ne fait presque plus aucun doute), en découvrant le syndrome d’Asperger, de savoir si je ne le serais pas moi aussi. Je me savais déjà HP, mais et si il y avait de l’autisme en plus ?

    Ton article me permet de confirmer ce que je ressentais déjà: je ne suis pas autiste moi-même.

    Mais mon HP, je l’espère, m’aide à comprendre et accompagner mon fils 🙂 Même si j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, tant la communication reste difficile, alors même qu’il est mon propre enfant…

    ça me fait drôle, je suis tombée sur ton article via une page sur facebook, et je réalise qu’on était sur le défi des 100 jours ensemble il y a plus de 6 ans (avant la naissance de mon fils d’ailleurs), je me souviens de toi !! 😀

    • Philosophine dit :

      Bonsoir Véronique,

      Je suis allée remonter le temps sur le défi des 100 jours et je suis retombée sur ton profil, Véronique Montoya, je me souviens maintenant ! 😀

      Comme je dis toujours, la frontière est parfois mince entre Asperger et HP même si les caractéristiques à la base sont totalement différentes, elles peuvent se superposer. En tant qu’HP, tu auras sans doute beaucoup plus de clés pour aider et comprendre ton fils qu’une personne neurotypique ou non informée. Ma maman a le même profil atypique que moi, alors elle m’a toujours « comprise » sans aucune difficulté (c’est une chance). Mais hélas la compréhension ne suffit pas. Elle n’a pas pu m’aider à pallier mes difficultés, ne sachant déjà pas gérer les siennes… Aujourd’hui elle regrette de ne pas avoir découvert tout ça plus tôt.

      Contente de t’avoir recroisée ! Au plaisir de te lire ici ou ailleurs 😀

  • Séverine dit :

    Bonjour chère consoeur ! Merci pour cet article extrêmement d étaillé sur le HP et le syndrome Asperger . Moi aussi j’ ai cru d ‘abord être seulement HP avant de me rendre compte que j’ étais Aspie ! Ce fut un choc notamment à cause de l’ image négative que la société a de l’ autisme . Mais c ‘est en train de changer grâce à la contribution de différents Asperger comme vous . J ‘ai une page Séverine Maman Hyper/Tsa où je raconte mon quotidien de maman aspi , maman d ‘un aspi et de 2 tdah . C’est vrai que nous n’ habitons pas notre corps et c ‘est peut-être notre plus grand souci avec l’ hypersensibilité . Je médite tous les jours et cela m’ aide beaucoup pour me reconnecter à mon corps . Je pratique également le yoga , 1 heure par jour . J ‘aime beaucoup explorer ce corps que je connais si mal , malgré 3 grossesses ! Séverine

    • Philosophine dit :

      Bonsoir Séverine,

      C’est vrai l’image véhiculée de l’autisme est encore très stéréotypée. J’ai moi-même mis du temps à réaliser que je pouvais l’être, tant je ne me retrouvais pas dans les caractéristiques classiques qui s’adressent davantage à un profil masculin. J’ai été récemment diagnostiquée mais l’équipe pluridisciplinaire du CRA a eu beaucoup de mal à se positionner dans mon cas… il semblerait que je compense tellement bien que mes difficultés passent totalement inaperçues ! Et pourtant, elles sont bien réélles ces difficultés… Je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à apprendre sur le sujet.

      C’est vrai, s’approprier son corps n’est pas évident, je pense que nous sommes davantage connectés au subtil qu’à la terre. Nous manquons souvent d’ancrage. Vous avez raison, la méditation et le yoga sont de bons remèdes !

      • Séverine dit :

        Bonjour Philosophine , à propos du subtil pensez vous avoir un sixième sens ? Moi par exemple , bien avant de savoir qui j’étais j’ai dit à ma mère , je devais avoir 18/22 ans , que je voyais l ‘âme des gens ! C ‘était très vrai enfant et adolescente . Il y a des personnes que ma famille fréquentait et que d ’emblée je ne supportais pas . Pareil pour les lieux . En devenant adulte j ‘ai l ‘impression que ce sixième sens s ‘est beaucoup atténué à cause de l’ influence matérialiste de notre société . Grâce au yoga et à la méditation et si je suis en forme, mon 6 sens se réactive . Par exemple en lisant le mail d’un proche ou non , et sans rapport au contenu , je ressens immédiatement les états d ‘âme de la personne qui m’ écrit . Autre exemple , je suis dans des groupes d ‘Aspi sur Facebook et il m’ arrive souvent quand quelqu’un raconte ses problèmes de voir juste , de  » sentir  » les causes du problème alors que je ne connais pas la personne ! Quand il y a un procès , rien qu ‘en regardant le visage de l’accusé je sais s ‘il est coupable ou non . Depuis que je sais que je suis aspie j ‘ai repéré deux aspie qui s ‘ignorent ! Je ne suis pas assez proche d ‘elles pour tenter une approche sur le sujet . L ‘une d ‘elle est institutrice dans l’ école de mon fils ( elle a de gros problèmes d ‘autorité ) et une amie aspie a eu la même impression que moi !

        • Philosophine dit :

          Bonjour Séverine,

          Oui en tant qu’hypersensible, je pense que nous avons plus de facilité à développer notre sixième sens. D’ailleurs, je crois que Rudy Simone en parle brièvement dans son livre.

          Me concernant, j’ai toujours vécu des « trucs » bizarres. Petite, j’ai parlé durant plusieurs années à deux « personnes » imaginaires, ce qui a beaucoup intrigué ma mère et ma grande soeur. Très tôt j’ai eu des questionnements sur ce qu’il se passe après la mort et j’avais des intuitions quand il y a allé se passer des choses dramatiques (décès, accident, divorce), ce qui n’est pas cool du tout quand on est enfant. Des rêves prémonitoires aussi et des messages de défunts par le biais des rêves. On perd un peu de ses choses là en grandissant, cpmme vous dites, suite à l’influence matérialiste ou simplement parce qu’on est pris dans un quotidien qui ne nous laisse plus le temps d’être à l’écoute de nos ressentis… J’ai encore des périodes où je me sens très « connectée » et d’autres beaucoup moins…

          Ma maman a également beaucoup d’intuition. Lorsqu’elle était en activité, elle tenait un pressing et elle avait régulièrement des pressentiments sur qui allait venir dans la journée. Par exemple, elle pensait subitement à un client qui n’était pas venu depuis des mois, parfois des années et dans les minutes qui suivaient, elle recevait un coup de téléphone de la personne. Au début elle le disait ouvertement « tiens, c’est drôle, j’ai pensez à vous tout à l’heure » mais ça lui arrivait tellement qu’elle n’osait plus le dire de peur qu’on ne la croie pas !

          Merci pour votre commentaire très intéressant 😀

  • HPerdue dit :

    Bonjour et merci pour cet article.

    Je suis actuellement en questionnement et dans un très, très, grand désarroi.

    Je précise que les particularités de mon fonctionnement psychique m’ont menée au burn-out et à la placardisation (harcèlement professionnel) – je suis fonctionnaire et l’on ne peut pas me licencier, sans cela je suis persuadée que je serais aujourd’hui au chômage. Bien que fonctionnaire, j’ai d’ailleurs par le passé déjà été changée de poste contre ma volonté (comme ce n’était pas possible légalement, on m’a menacée à mots couverts de déclencher un conseil de discipline, et la personne du syndicat qui me conseillait m’a demandé d’accepter le déplacement, sans cela bien sûr le conseil de discipline ne donnerait rien -on n’avait rien de réellement grave à me reprocher- mais il allait rester dans mon dossier, et ce n’était pas bon pour moi paraît-il…)

    Bref.

    J’ai passé un bilan il y a peu au Centre Expert de Créteil, bilan qui consistait en une liste d’entretiens cliniques et des mises en situations uniquement théoriques.
    Au sortir de ce bilan, on m’a dit que j’étais « juste » HPI (résultat du WAIS entre 130 et 140,ce que je savais déjà ayant fait un bilan cognitif début 2016), que je n’étais pas sur le spectre de l’autisme. Que mes difficultés sociales étaient liées uniquement au HPI.

    Cependant il se trouve que l’ADOS me diagnostique « à la limite du spectre » comme on me l’a dit. Au moins sur les aspects sociaux et communicationnels.

    Les psy* n’ont pas relevé d’intérêts restreints chez moi, mais comme elles m’ont en substance demandé si j’en avais et que je ne connais pas bien la définition d’un intérêt restreint (je ne vois pas ce qu’il y a de particulier à s’intéresser à un sujet ou un autre, surtout en tant qu’HP curieuse, et non je n’ai jamais passé 24h d’affilée sur un sujet d’intérêt en oubliant de boire et de manger – de dormir par contre ça peut peut-être se faire lol…) je n’ai pas été en mesure de répondre « oui » pour sûr. Et je crois qu’elles sont passées à côté de plein de choses.

    Concernant les stéréotypies, est-ce qu’elles existent avec les jambes ? Moi ce sont mes jambes qui gigotent, surtout quand je suis assise. Mais pas quand je suis en public…ma mère m’a appris à me tenir ! On voit souvent les enfants (par exemple quand iels doivent rester assis-es à l’école) balancer leurs jambes. Donc je ne sais pas, est-ce que tout le monde ne fait pas cela ? Le rapport du centre expert indique que je n’ai pas de stéréotypies.

    Indice peut-être important, car souvent c’est de famille : mon père et mon frère ont des stéréotypies des mains….mon père lorsqu’il est nerveux, mon frère lorsqu’il est content (au moins lorsqu’il était enfant, mais je ne sais pas s’il le fait encore, car certaines personnes ont pu peut-être se moquer de lui pour cela ).

    L’ADI-R n’a pu être mené car je ne souhaitais pas (pour des raisons qui me regardent) faire intervenir mes parents dans le diagnostic. Donc pas de données sur ma toute petite enfance… Les psy* ont indiqué qu’elles ne concluaient pas au TSA par « manque d’éléments concernant la petite enfance ». Donc en fait elles ne sont pas sûres ! Mais se refusent à donner un diagnostique possiblement erroné, et n’ont pas cherché à pousser plus loin d’une autre façon.

    Partant de là, je me sens vraiment abandonnée par le Centre Expert (on m’a vraiment traitée comme un diagnostic sur pattes depuis le début de mes démarches en 2016, pour aboutir fin 2018 à….ça : « Vous êtes HP madame » – « Merci j’étais déjà au courant, mais je fais quoi -entre autres- pour ma non-compréhension des implicites ? Je pensais que les HP les maîtrisaient…. »). Ah oui, et on me dit que je ne suis pas sur le spectre autistique, mais on veut quand même que j’aille suivre des cours d’habiletés sociales (payants si j’ai bien compris, et je n’ai pas les moyens de payer).

    Je suis bouche bée devant tant d’incohérences…(du moins, pour moi c’est incohérent ; non ?).

    Pour terminer, je lis aujourd’hui votre article, dont le lien a été transmis par une très bonne amie (diagnostiquée aspie il y a quelques mois dans un centre privé parisien) sur son mur fb…..et je me reconnais dans l’immense majorité des traits que vous décrivez comme « asperger » !

    Que dois-je penser ?

    Avez-vous des sources pour distinguer asperger et haut potentiel qui vous ont permis d’écrire cet article (articles scientifiques ou de recherches, témoignages de spécialistes, liste de critères très précis comme un « crible » pour savoir dans quelle catégorie l’on se situe) ?
    Je cherche en vain depuis trois semaines ce type de sources et trouve peu de choses concluantes…et sur les articles de blogs ou de presse, ce qui est décrit un coup comme caractéristique d’un-e aspie devient dans l’article suivant une caractéristique HP, et je m’y perds….complètement !

    Je finis par me demander comment je vais survivre dans ce monde…

    Merci de m’avoir lue.

  • Veronique dit :

    Re-bonjour ! Je viens de tomber sur cette vidéo et j’ai pensé qu’elle pourrait t’intéresser, ainsi que les lecteurs de ton article qui passeraient par là 🙂 C’est une personne de 41 ans qui témoigne de son diagnostic récent TSA et HP (cumulés).
    https://youtu.be/StQNycujKbo

    • Philosophine dit :

      Re-bonjour Véronique !

      Merci pour la vidéo, témoignage intéressant dans lequel je me suis assez bien retrouvée ! C’est bien d’écouter divers témoignages car chaque personne autiste a un profil différent (avec des caractéristiques communes bien sûr) et on peut se retrouver chez l’un et pas du tout chez l’autre !

  • david dit :

    Bonjour
    Un mot tout d’abord: merci merci merci
    J’ai 57 ans et viens de me retrouver à 95% dans votre article.
    Cela fait 50 ans que je me pose des questions…
    Ce qui m’enrage un peu plus est que j’ai vu un psy pendamt 6 mois sans qu’il ne détecte rien.
    Un aspect que vous ne mentionnez pas est l’exploitation par les autres. Ma mère puis beaucoup des femmes que j’ai pu croiser. Aucune mysoginie dans mon propos.
    Heureusement j’ai aussi croisé des personnes très bien veillantes à mon égars, ce qui a pu me réconcilier avec l’humanité comme j’aime à dire.
    Je suis tout à fait d’accord pour insister sur le diagnostique, tellement important même si cela ne change pas les choses. Comprendre est fondamental et permet sûrement de mieux s’accepter, chose qui m’est assez difficile.
    Merci (en police taille 72!).

    • Philosophine dit :

      Bonjour David

      Ravie que mon article ait eu un effet positif sur vous !

      Hélas, cela ne m’étonne pas que votre psy n’est rien détecté puisque la plupart des psy ne sont pas correctement formés à l’autisme et encore moins en ce qui concerne l’autisme chez la personne adulte, qui durant son existence a eu le temps de développer des stratégies d’adaptation ou de camouflage…
      En effet, je n’ai pas parlé du rapport aux autres et des abus, manipulation, exploitation dont les personnes autistes sont trop souvent victimes, car ce n’était pas le sujet de cet article mais j’aurais certainement l’occasion d’y écrire un article si j’ai le courage d’aborder ce sujet difficile.
      Merci pour votre commentaire, j’espère que vous trouverez des réponses à vos questions. Le chemin est long mais ça en vaut la peine !

      • david dit :

        Dans mon entousiasme j’i oublié un aspect: je suis accroc aux jeux plus particulièrement cartes (belotte tarot; étudiant je me souviens y avoir joué 36h non stop). Mais aussi echecs poker…
        Avez vous aussi cela?

        Quant aux abus, je connais bien, trop bien!
        Certaines femmes me voient comme le parfait pigeon (à plumer)… N’y voyez aucune mysoginie mais une simple constatation. D’un autre côté, les hommes que je cotoie sont plutôt des hp et c’est cet aspect qui crée le lien même si ils me trouvent quand même décalé.
        Merci encore, je vais pouvoir aller de l ‘avant moi qui me croyait « coincé »

        • Philosophine dit :

          Bonjour David,

          Personnellement, je ne suis pas accro aux jeux mais les intérêts varient d’une personne à l’autre. En revanche, ce qui caractérise davantage le syndrome d’asperger c’est plutôt l’intensité à laquelle on s’adonne à ses passions.

          Moi aussi je m’entends mieux avec des personnes HP car comme vous dites, cet aspect crée le lien.
          Et pour finir, vous n’êtes pas coincé, juste différent 😉

        • med dit :

          Salut David, j’ai posté plus haut, sais-tu peut-être que les HP ont tendances a attirer les Pervers narcissique HP=soleil émotionnel PN=trou noir émotionnel et se nourrisse comme cela. Je présente juste un avis de recherche personnel, ce sujet est très sulfureux et beaucoup utilise PN a tort et a travers pour tout expliquer mais je trouve qu’il y a une valse morbide entre les deux. Merci

  • Irma dit :

    « Un autiste dit de ‘haut niveau’ est un autiste dont le QI est égal ou supérieur à 70. »
    C’est inexact, même si cette croyance est très répandue.
    La catégorisation correspondant à l’autisme dit de « haut niveau » dans le DSM V indique que c’est une personne dont l’autisme présente une sévérité de niveau 1. Donc, qui a besoin de peu de soutien. Autrement dit, le handicap est peu sévère (valeur de 1 sur un maximum de 3).
    La déficience intellectuelle est un facteur complémentaire dans le DSM V, indiqué à la fin de la description et clairement distinct des conditions/symptômes de la description diagnostique de l’autisme.
    Donc :
    A) En principe, on peut avoir l’autisme de niveau 3 (très sévère, autonomie peu probable) sans déficience intellectuelle.
    B) En principe aussi, on peut avoir l’autisme de niveau 1 (peu sévère, autonomie envisageable) avec déficience intellectuelle.
    Je connais des gens qui correspondent à la description A. Je connais aussi des personnes qui correspondent à la description B.
    Bref, la sévérité de l’autisme et l’intelligence ne sont corrélés que parce qu’il y a corrélation dans les traits mesurables selon les outils traditionnels de mesure de l’intelligence (teste de QI inadaptés au type cognitif autiste) et d’évaluation de l’autisme (observation des comportements et écarts par rapport à la norme sociale).

    • Philosophine dit :

      Merci Irma pour la correction de cette erreur et le complément d’informations.
      En réfléchissant, vos propos me semblent tout à fait logiques.

  • clarisse dit :

    Merci merci pour ce merveilleux article très clair et donc éclairant!! 🙂

  • schtroumpfette dit :

    Cet article est vraiment intéressant et je m’y reconnais beaucoup. Cette dualité entre HP et Autisme au quotidien… c’est vraiment bien décrit. Merci bien.

    • Philosophine dit :

      Ce double diagnostic HP et autisme débouche sur un profil atypique dans lequel il devient difficile de distinguer les traits propres au syndromes d’Asperger et ceux du HP quand ceux-ci se mélangent… Merci pour votre retour 🙂

  • Sabuline dit :

    Un article très intéressant qui permet de mettre à jour les difficultés de la pose du diagnostic TSA Asperger quand on a un profil HP. Le HP permet de compenser jusqu’au jour où la compensation ne suffit plus parce que les exigences sociales, professionnelles ou scolaires sont devenues trop difficiles à vivre à cause de l’incompréhension de l’implicite. Si on a la chance d’être bien orienté, on peut comprendre que le mal être, la dépression est la conséquence et non la cause des difficultés vécues au quotidien par le jeune qui ne se reconnaît plus dans le profil HP et ne comprend pas pourquoi il n’y arrive plus alors qu’on lui dit qu’il a des capacités.

  • JPEG dit :

    « *Edit : Une lectrice m’a fait remarquer que d’après le DSM-5, il n’y a aucune corrélation entre la catégorisation dite de « Haut Niveau » et le niveau d’intelligence (QI). En effet, le terme Haut Niveau décrit une personne dont l’autisme est peu sévère (valeur de 1 sur 3). On trouvera aussi bien des personnes autistes sévères sans déficience intellectuelle que des personnes dont l’autisme est peu sévère mais qui présentent une déficience intellectuelle. »

    Elle n’y connait rien, l’autisme de haut niveau est une ancienne classification du DSM -4 et une toujours actuelle de la CIM10, c’est un autisme sans déficience intellectuelle qui est proche de l’autisme typique. Autrement dit contrairement à l’Asperger il peut y avoir développement atypique (retard de la marche, de la propreté du langage). Globalement on attribuait la différence à ce dernier retard de langage, et on laissait entendre que IRP>ICV dans le cadre de l’autisme de haut niveau contrairement à l’Asperger. Or des études montrent la faible différence à l’âge adulte et il n’y a plus de profil psychométrique spécifique dans l’autisme

  • Lola dit :

    Merci pour votre article, étant Asperger et HP, je me retrouve complètement et cela éclaire ma lanterne. J’aime le terme de handicap invisible que j’utilise moi-même depuis quelque temps. Je sais que je suis HP depuis l’enfance, mais la description ne correspondait pas tout à fait à ce que je vivais, d’autant que je suis dysharmonieuse dans ma douance, et je disais souvent avec humour que j’avais des traits autistes, jusqu’à ce que j’ai les renseignements sur le syndrome d’Asperger, et là tout c’est éclairé. Depuis j’apprends à me connaître et accepter certains de mes comportements. Mais je souffre quand mon entourage amical ne comprend pas les efforts que je dois faire pour relationner et qui me mènent parfois à péter un câble quand trop c’est trop. Je pense que je vais envoyer un lien vers votre blog à certaines de mes amies !

    • Philosophine dit :

      Bonjour Lola,

      Ravie que cet article ait pu vous éclairer. Comprendre son propre fonctionnement atypique est un long parcours dans lequel on apprend petit à petit à mettre des mots sur nos ressentis et notre différence. Ce n’est pas un exercice facile alors quand il s’agit de l’expliquer à son entourage, c’est une toute autre histoire !

  • Jean DALLIERE dit :

    Bonjour à vous. Je ne suis plus tout jeune (78 ans) et ai été asperger HP dès ma tendre enfance. A 39 ans, j’avais résolu un des plus grands « mystères » de l’Homme : la résolution des problèmes fondamentaux de l’humanité.
    A 40 ans, mes conclusions de réflexions furent présentées (par l’académicien Erik Orsenna) au président de la République d’alors, François Mitterrand et je fus plusieurs fois reçu à l’Elysée qui essaya de me faire entrer au CNRS de Paris (département Sciences Humaines).Il y eut refus de me recevoir ; après quoi, tous mes écrits furent censurés en France.
    Mes découvertes sont de la plus grande importance (origine de l’Autisme, du syndrome d’Alzheimer, de la Dépression, des maladies mentales, Bipolaires, Borderline, P.N., Paranoïa, Schizophrénie, etc…y compris.. origine de la Pensée et donc du Langage, montrés comme provenant de dysfonctionnements psychiques).
    Aujourd’hui, j’essaie de faire connaitre l’origine de la VIOLENCE des hommes faite aux femmes… mal de triste actualité. Les hautes autorités du pays sont informées…je pense que l’information demeurera sans suite… C’est désespérant mais je connais que toute gouvernance (pays, associations, etc.) se fait grâce à l’IGNORANCE des Masses, des peuples, des Collectifs, etc. ignorance des causes-premières des Maux et Fléaux sociaux dont ils souffrent.
    Autrement dit, l’ humain semble préférer pouvoir se plaindre, en avoir la possibilité, que d’accéder à la libération de ses Souffrances. C’est pathétique.
    Quel journaliste courageux se saisira de ce cas (le mien) exceptionnel et salutaire ?

    • Chaussade dit :

      Bonjour Jean dalierre, j’aimerais comprendre beaucoup de choses que vous dites, serait il possible de communiquer avec vous.

    • med dit :

      Bonjour Monsieur, je serais extrêmement intéressé de discuter avec vous, vos propos m’interpellent tellement et sont des sujets qu’on a du mal a aborder en public, soit par peur soit par étouffement social ou autres de plus haute autorité(l’uniformisation est tellement plus simple a contrôler). Merci pour le partage

  • Jean DALLIERE dit :

    J’ai oublié de vous préciser DEUX points importants pour comprendre (!) mon profil d’asperger HP. 1°/ Je suis né sous X pendant la guerre (en 41) et 2°/ après avoir été officier dans la marine marchande, j’ai bifurqué vers la Psychanalyse que j’ai « revue et corrigée » (celle de S.Freud étant erronée; une de ses trois instances – le ça, le moi et le surmoi – est fausse; il n’a JAMAIS découvert le véritable INCONSCIENT que j’ai pu découvrir. J’ai exercé plus de 30 ans la psychanalyse alors qualifiée de « fondamentale », basée sur ÊTRE et AVOIR, le fondamentaux absolus de l’Homme.

  • merci beaucoup pour votre article Dame Philosophine !!

    juste, riche, simple, vivant (bien que je n’avais jamais eu idée de confondre ces deux diagnostics, … mais, c’est vrai que, vue de loin, la question peut se poser …. )

  • Franck dit :

    Bonjour,
    Je suis moi même HPI et actuellement, mon fils est en phase de diagnostic pour un éventuel trouble du spectre autistique (probablement de haut niveau). Sachant qu’il y a une dimension génétique dans le HPI et probablement aussi dans le trouble du spectre autistique, et sachant également que je me retrouve dans beaucoup de traits évoqués et que je n’arrive pas à faire la différence entre mon HPI et peut être un asperger, je me demandais s’il pouvait être utile que je sois diagnostiqué tant pour moi que pour mon fils ? Et si oui, quelle est la démarche pour le faire ?
    Merci en tous cas pour cet article.

    • Philosophine dit :

      Bonjour Franck,

      Désolée pour la réponse tardive, je viens de m’apercevoir que je n’étais plus informée par mail des commentaires de ce blog… zut !

      La question du diagnostic à l’âge adulte est personnelle. Il sert davantage à mettre un nom sur sa différence et d’ôter des doutes que l’on peut avoir. Certains en éprouvent le besoin, d’autres non. Cela peut éventuellement aider votre fils de savoir qu’il partage potentiellement cette particularité avec vous. Cela peut également vous aider à mieux vous connaitre… encore une fois, c’est une question personnelle. A vous de savoir si vous ressentez le besoin d’un diagnostic. Si oui, vous pouvez prendre contact avec le CRA de votre région qui vous donnera la marche à suivre. C’est une démarche gratuite mais qui peut prendre jusqu’à 3 ans avant d’obtenir le diagnostic. Ou bien,consulter un psychiatre spécialisé dans l’autisme de type Asperger (plus rapide mais payant).

  • Chris dit :

    Bonjour,
    En tant qu’asperger et haut potentiel, aviez-vous réussi le test avec les yeux ?
    Merci

    • Philosophine dit :

      Bonjour,

      Vous parlez du test de lecture des émotions dans le regarde de Baron-Cohen ? Ce test ne m’a pas été proposé lors de mon diagnostic mais je l’ai réalisé à la maison et j’ai un résultat de 27, donc un score assez élevé par rapport à la moyenne chez les Asperger. Malgré tout, je trouve ce test pas évident du tout, j’y suis allée par déduction pour trouver les bonnes réponses…

      • HPerdue dit :

        Ah oui, moi ce test apparemment je l’ai bien réussi !
        Mais ce que je ne comprends pas, c’est qu’on me montrait des yeux, on me proposait quatre émotions, et pour moi aucune ne convenait !
        Donc, par déduction, j’essayais de trouver laquelle était la moins improbable dans la liste….!

        Mais pour moi aucune ne convenait, et je l’ai bien dit aux psy, qui apparemment n’en ont tenu aucun compte…. :/

        • Philosophine dit :

          Voilà, j’ai ressenti la même chose quand je l’ai passé sur internet. J’y suis allée par déduction car pour moi également aucune ne convenait. Ce serait intéressant de savoir aussi comment procèdent les neuro-typiques pour trouver la bonne émotion. Est-ce qu’ils procèdent également par déduction ou bien est-ce que la réponse leur vient spontanément… ?

  • Olivier dit :

    Hello Philosophine,
    je te trouve très courageuse et je suis impressionné par la vision claire que tu as de toi. Tu te décris avec une grande claire-voyance, c’est génial.
    Je suis tombé sur ton blog, car je me posais des questions au sujet du syndrome d’asperger.
    En fait, j’ai été récemment dépisté HPI (depuis 1 an) et je lis beaucoup pour comprendre et me comprendre.
    Ton article, m’a éclairé sur pas mal d’aspects de moi et de ma vie 🙂
    Petit exemple :
    De part mon comportement un peut atypique par moment, je me demandais si je n’étais pas, sur certains aspects un peut autiste. Réflexion d’amis sans méchanceté, car je suis capable de m’isoler et d’oublier qu’il y a du monde autour de moi, même si je suis friand d’interactions sociales.

    Ton article est vraiment malin et criant de vérité, je m’y suis retrouvé sur pas mal d’aspects.
    Bonne continuation, bravo et merci 🙂

    • Philosophine dit :

      Bonjour Oliver,

      Merci beaucoup pour ton message et tes encouragements. La barrière entre Asperger et HPI est parfois très mince et il n’est pas rare que les HPI se retrouve dans quelques aspects du spectre autistique. Ravie que mon article ait pu t’aiguiller et peut-être t’aider à mieux te positionner 😉

      Bonne continuation à toi également !

  • Bastila dit :

    Bonjour, merci pour cet article.

    Je suis en procédure de diagnostic pour les TSA. J’ai reçu l’aval du CRA très récemment. « Plus qu’à » attendre la suite.

    Je m’étais tout d’abord intéressée au Haut Potentiel. J’ai passé la WAIS IV l’an dernier, qui a mis en évidence une hétérogénéité très importante (130 ICV /80 IMT) ; mais la neuropsy qui m’a fait passer le bilan ne m’a pas vraiment poussée à investiguer (tu passes le bilan, tu paies, merci à plus ; et je passe le déroulement qui ne s’est, à mon sens, pas passé idéalement). Etant assez déçue de voir que mes questionnements n’avaient pas trouvé réponse ici, j’ai laissé tomber pendant un moment. Mais j’ai fini par à nouveau me poser des questions, et je me suis intéressée à cette hétérogénéité, qui m’a encouragée à me questionner sur les TSA. Alors que ça me paraissait complètement surréaliste. Un autiste Asperger, pour moi, c’était l’une de mes connaissances de la fac : un gentil garçon qui court partout et qui, socialement, vit vraiment sur une autre planète. Pourtant, je ne me sens pas non plus sur la même planète que les autres. Pas tout à fait.

    Je me retrouve énormément dans ton propre parcours. Je me reconnais dans le HP, jusqu’à un certain point. Je me reconnais dans les TSA, jusqu’à un certain point également.
    Je commence à me demander si je ne cumule pas également HP et TSA, car, quand je lis des témoignages de femmes Asperger, je me retrouve, mais rarement au degré qu’elles décrivent ! Si je faisais une liste de mes particularités, je suis persuadée que les professionnels légitimeraient mes questionnements. Mais je me demande si un éventuel HP n’atténuerait pas mes particularités TSA, ce qui expliquerait que jamais je ne sombre dans une sorte de « radicalité » ou d’extrême dans les « symptômes », que j’arrive à les canaliser.

    Merci encore pour cet article, que je vais mettre de côté, si tu me l’autorises, pour le CRA et moi-même. Car, il me ressemble tellement.

    • Philosophine dit :

      Bonjour Bastila

      Une conférencière dont j’ai oublié le nom disait que le cumul du HP et Asperger donnait à la personne un profil qui se distingue totalement du HP sans Asperger et de l’Asperger sans HP. Pour illustrer ses propos, elle avait pris pour exemple les couleurs : lorsqu’on mélange du jaune (HP) et bleu (Asperger), on obtient une nouvelle couleur, le vert (HP+ Asperger). Et j’irai même plus loin en disant qu’il existe une très grande variété de vert dont certains sont plus proches du jaune et d’autres proche du bleu… Cette variété de profils semblent être difficile à diagnostiquer par les professionnels car ils diffèrent des profils classiques et les outils utilisés ne sont pas forcément bien adaptés.

      Lors du dernier rendez-vous pour mon diagnostic, le psychiatre, très partagé sur mon cas, m’a dit que j’avais sans doute appris à compenser mes troubles grâce à mes facultés intellectuelles. Mais difficile pour lui de me ranger dans une case…

      Bien sûr, si ça peut aider, n’hésite pas à te servir de mes écrits, ils sont là pour ça ! Et puis si tu le souhaites, donne-nous des nouvelles de ton parcours 🙂

  • Anthony dit :

    Wouahhh ! Quel article !

    Comme mon navigateur garde les onglets en mémoire, j’ai tendance à laisser les onglets qui m’intéressent (articles, musiques, etc) mais pour lesquels je considère ne pas avoir le temps « tout de suite », de côté.
    Et l’onglet avec ton article est sans doute resté pendant 1 an avant que je le lise.

    J’ai vécu énormément de difficultés dans ma vie et je n’ai jamais été aidé. Que ce soit par mes parents ou par les nombreux psy que j’ai pu rencontrer.

    Mais il y a deux ans, j’ai rencontré une surdouée avec qui je correspondais par e-mail. Elle m’a tout de suite dit que je l’étais, car en décrivant mes difficultés elle se reconnaissait.
    C’est à partir de là que j’ai commencé à me renseigner sur le sujet. Je n’ai toujours pas passé de test, mais je sens bien qu’il y a quelque chose car je ne me sens pas bête, et surtout, par rapport à mes difficultés, j’ai une capacité d’adaptation extraordinaire (surtout depuis environ 3 ans).
    Elle m’a fait passer un test de personnalité qui m’a défini comme « avocat ». Personnalité faisant partie de 1% de la population. Alors test sérieux ou pas ? Je ne sais pas.

    A partir de là j’ai commencé à me poser des questions et à m’intéresser au sujet.
    Puis j’ai rejoint des groupes Facebook de « surdoués ». Là, j’ai vu passer pas mal d’infos et d’articles, dont certains parlaient d’autisme et d’asperger. J’ai pris soin d’en mettre certains de côté, comme le tiens, mais me sentant à des kilomètres de l’autisme, je ne suis jamais revenu dessus.

    Ce n’est que récemment, sur un groupe de surdoués, qu’un membre m’a demandé si j’étais autiste, car lui l’est mais il avait l’impression que je l’étais plus que lui.

    C’est venu alors que j’ai lancé un débat malgré moi. Tout est parti en vrille (comme très souvent dans les débats dans lesquels je m’engage).
    Certains membres se sont montrés très virulents avec moi, sans aucune argumentation, alors qu’à chaque fois que je répondais j’argumentais ma réponse. Je montrais ma bonne foi, en m’excusant, en reconnaissant certains torts lorsque je le jugeais nécessaire, mais eux, alors qu’ils m’ont insulté (doigt d’honneur, mauvaise foi, toutes les qualités liées à l’être humain contemporain), ne sont jamais revenus sur leurs propos et ne se sont pas excusés.
    C’est reparti en vrille lorsque j’ai demandé des excuses. La personne visée a refusé, prétextant que c’était de ma faute si elle avait réagi comme ça (alors qu’il n’y avait aucune virulence et aucune insulte dans mon message initial).
    Pour moi chacun est maître de son comportement, et rien n’excuse le fait d’insulter quelqu’un qui est resté poli.
    Elle ramenait toujours les choses à elle, mais pourtant elle disait que c’est moi qui ramenait tout à moi. Pourtant, je me suis excusé pour des messages virulents suite aux siens, mais pas elle. Si je ramenais tout à moi, je serais resté centré sur moi-même, donc je n’aurais pas fait d’excuses.
    Je n’ai pas pu m’empêcher de leur reprocher leur comportement, tout en restant calme. Je pensais que pour des surdoués, ils se seraient comportés autrement, mais j’ai eu l’impression d’avoir à faire à de pauvres personnes. Celles qui refusent de voir la réalité en face lorsqu’elle ne leur convient pas, ou, à cause du fait d’être surdouées, se croire au-dessus de tout le monde, et oublier que la remise en question est un élément essentiel à l’intelligence.
    Bref, c’est un des élément qui me complique énormément ma vie sociale. Je ne comprends pas et, du coup, n’accepte pas les contradictions, ni les comportements stupides.
    Ces gens-là, on peut leur prouver par A+B qu’elles ont tort, non seulement elles ne vont jamais le reconnaître, mais elles vont nous tenir responsable de tout ce qui ne va pas dans le monde.

    Désolé pour le pavé, mais j’ai besoin d’en parler.

    Je me reconnais dans pas mal de passages que tu décris.
    Je respecte le code de la route à la lettre mais, le pire, ce qui me stresse énormément, c’est le comportement des autres conducteurs sur la route. Quel manque de prudence ! Doublement par la droite, non respect des stop et feu rouges, vitesse excessivement élevée. Bref, tout ça me stresse et m’énerve.

    Ce que tu dis sur la nourriture… mais si j’avais pensé un jour que ça venait d’autre chose que moi.
    J’ai tendance à manger sans sel et sans sauce. D’ailleurs, beaucoup m’ont demandé comment je pouvais faire pour manger comme ça.
    Je varie très peu ma nourriture. Je n’aime pas « prendre le temps » pour faire à manger. Du coup je ne fais que des trucs rapides.
    Je déteste les tomates, du coup, lorsque j’achète un sandwich, je suis du genre à trier pour les enlever.

    J’ai passé toute mon enfance en étant phobique social mais en pensant que j’étais extrêmement timide.
    Ma mère m’a toujours dit que j’étais un timide maladif, du coup c’est ce que j’ai cru. Jusqu’à mes 18 ou 19 ans, lorsque j’ai commencé à entendre parler de « phobie sociale ». Ça m’a retiré un poids, mais, comme depuis le début de ma vie, je n’ai reçu aucune aide.
    J’ai quelques souvenirs traumatisant qui me sont restés.
    En Ce1, l’institutrice a distribué une feuille d’interro à tout le monde sauf à moi. La solution semble facile pour l’extrême majorité, qui est de lever la main pour en demander une. Mais moi, non, j’en étais incapable. J’étais comme paralysé, devant ma table, à réfléchir à ce que je pouvais faire sans parvenir à trouver une solution. C’est lorsqu’elle est passée dans les rangs pour regarder ce qu’écrivaient les élèves qu’elle s’est rendue compte que je n’avais pas eu de feuille.

    La peur du regard, la « blemmophobie », je me la suis pronostiqué aussi. Pourtant, j’ai vu une infirmière psy qui m’a parlé de mon regard fuyant en m’expliquant à quel point il était important que je fixe les gens. Mais à aucun moment elle n’a fait le lien avec un problème qui a un nom. Même si elle a eu raison de m’en parler, je me suis senti responsable, donc coupable de l’impression que je donnais aux autres.

    De toute façon, jusqu’à présent, c’est-à-dire pendant mes 36 années de vie, j’ai toujours été le seul responsable de mon comportement. J’ai toujours été le fautif. En plus, avec des parents qui me culpabilisaient souvent, ça n’a pas aidé.
    Forcément, j’ai un gros manque de confiance en moi.

    J’ai des difficultés pour assimiler des choses qui demandent une certaine maîtrise. En général il me faut plus de temps que la moyenne.
    Je me vois comme quelqu’un qui a une très mauvaise mémoire. Cependant, comme je déteste oublier, pour tout ce qui concerne mon quotidien, j’arrive à ne quasiment rien oublier.

    J’ai aussi l’impression d’atteindre les limites de mon cerveau. Comme si j’avais une capacité supérieure à celle qu’il me propose.

    Lorsque j’ai un comportement qui va à l’encontre de celui que je veux adopter, comme m’emporter ou commettre une erreur, je m’en veux énormément, et bien souvent ma réaction est disproportionnée par rapport à ce que j’ai mal fait.
    C’est ce qui m’aide à corriger assez rapidement le tir. Sauf pour les émotions. Etant hypersensible, lorsqu’elles m’envahissent c’est très difficile de leur faire barrière.

    Avec le temps j’ai réussi à cacher ou même corriger pas mal de problèmes. Le dernier qui persiste vraiment c’est mon impulsivité.
    Il y a deux raisons qui la font ressortir :
    (Je précise que je travaille dans le commerce)
    Les réactions imprévisibles de certains clients. Pris au dépourvu je ne réagis pas toujours bien.
    Je ne suis pas spontané à cause de mon besoin d’anticipation. Et le problème c’est que je me sens toujours obligé de répondre ou de réagir rapidement.
    Aussi, je me sens incapable de ne pas répondre à une question, même si je n’ai pas envie d’y répondre (je suis encore en train de travailler dessus mais j’ai fait pas mal de progrès).

    L’autre raison c’est le comportement insupportable (subjectivement) des autres.
    Par exemple, au travail, la dernière fois que j’ai pété un câble c’est parce que les préparateurs de commandes ont laissé la commande d’un client 50 minutes sans la prendre, donc sans la préparer !
    Chacun faisait son truc de son côté (certains travaillaient réellement) et pendant ce temps là le client pouvait attendre sans que personne ne s’en soucie.
    Le manque d’implication, de conscience professionnelle, tout comme l’injustice d’ailleurs, sont des choses qui m’énervent au plus haut point.

    Bref, juste avant le confinement j’étais décidé à passer des test, mais du coup ça devra attendre.

    J’ai tout de même une question.
    Comment un psy nous diagnostique l’autisme ? Via un test ou pendant des séances ?

    En tout cas merci pour ton article. Tant que je n’ai pas fait de test je ne suis sûr de rien, mais il me donne la voie à suivre, dans l’espoir de savoir enfin qui je suis.

    J’ai laissé mon adresse mail, si jamais tu souhaites échanger un peu.

    • Anthony dit :

      Ah, j’ai oublié aussi de dire qu’en effet, je ne supporte pas le bruit. De manière générale, mais il a tendance à m’irriter lorsque j’ai besoin de concentration ou lorsque quelqu’un me parle. Le bruit agit comme parasite dans une discussion, m’empêchant d’entendre les mots.

  • Anthony dit :

    Wouahhh ! Quel article !

    Comme mon navigateur garde les onglets en mémoire, j’ai tendance à laisser les onglets qui m’intéressent (articles, musiques, etc) mais pour lesquels je considère ne pas avoir le temps « tout de suite », de côté.
    Et l’onglet avec ton article est sans doute resté pendant 1 an avant que je le lise.

    J’ai vécu énormément de difficultés dans ma vie et je n’ai jamais été aidé. Que ce soit par mes parents ou par les nombreux psy que j’ai pu rencontrer.

    Mais il y a deux ans, j’ai rencontré une surdouée avec qui je correspondais par e-mail. Elle m’a tout de suite dit que je l’étais, car en décrivant mes difficultés elle se reconnaissait.
    C’est à partir de là que j’ai commencé à me renseigner sur le sujet. Je n’ai toujours pas passé de test, mais je sens bien qu’il y a quelque chose car je ne me sens pas bête, et surtout, par rapport à mes difficultés, j’ai une capacité d’adaptation extraordinaire (surtout depuis environ 3 ans).
    Elle m’a fait passer un test de personnalité qui m’a défini comme « avocat ». Personnalité faisant partie de 1% de la population. Alors test sérieux ou pas ? Je ne sais pas.

    A partir de là j’ai commencé à me poser des questions et à m’intéresser au sujet.
    Puis j’ai rejoint des groupes Facebook de « surdoués ». Là, j’ai vu passer pas mal d’infos et d’articles, dont certains parlaient d’autisme et d’asperger. J’ai pris soin d’en mettre certains de côté, comme le tiens, mais me sentant à des kilomètres de l’autisme, je ne suis jamais revenu dessus.

    Ce n’est que récemment, sur un groupe de surdoués, qu’un membre m’a demandé si j’étais autiste, car lui l’est mais il avait l’impression que je l’étais plus que lui.

    C’est venu alors que j’ai lancé un débat malgré moi. Tout est parti en vrille (comme très souvent dans les débats dans lesquels je m’engage).
    Certains membres se sont montrés très virulents avec moi, sans aucune argumentation, alors qu’à chaque fois que je répondais j’argumentais ma réponse. Je montrais ma bonne foi, en m’excusant, en reconnaissant certains torts lorsque je le jugeais nécessaire, mais eux, alors qu’ils m’ont insulté (doigt d’honneur, mauvaise foi, toutes les qualités liées à l’être humain contemporain), ne sont jamais revenus sur leurs propos et ne se sont pas excusés.
    C’est reparti en vrille lorsque j’ai demandé des excuses. La personne visée a refusé, prétextant que c’était de ma faute si elle avait réagi comme ça (alors qu’il n’y avait aucune virulence et aucune insulte dans mon message initial).
    Pour moi chacun est maître de son comportement, et rien n’excuse le fait d’insulter quelqu’un qui est resté poli.
    Elle ramenait toujours les choses à elle, mais pourtant elle disait que c’est moi qui ramenait tout à moi. Pourtant, je me suis excusé pour des messages virulents suite aux siens, mais pas elle. Si je ramenais tout à moi, je serais resté centré sur moi-même, donc je n’aurais pas fait d’excuses.
    Je n’ai pas pu m’empêcher de leur reprocher leur comportement, tout en restant calme. Je pensais que pour des surdoués, ils se seraient comportés autrement, mais j’ai eu l’impression d’avoir à faire à de pauvres personnes. Celles qui refusent de voir la réalité en face lorsqu’elle ne leur convient pas, ou, à cause du fait d’être surdouées, se croire au-dessus de tout le monde, et oublier que la remise en question est un élément essentiel à l’intelligence.
    Bref, c’est un des élément qui me complique énormément ma vie sociale. Je ne comprends pas et, du coup, n’accepte pas les contradictions, ni les comportements stupides.
    Ces gens-là, on peut leur prouver par A+B qu’elles ont tort, non seulement elles ne vont jamais le reconnaître, mais elles vont nous tenir responsable de tout ce qui ne va pas dans le monde.

    Désolé pour le pavé, mais j’ai besoin d’en parler.

    Je me reconnais dans pas mal de passages que tu décris.
    Je respecte le code de la route à la lettre mais, le pire, ce qui me stresse énormément, c’est le comportement des autres conducteurs sur la route. Quel manque de prudence ! Doublement par la droite, non respect des stop et feu rouges, vitesse excessivement élevée. Bref, tout ça me stresse et m’énerve.

    Ce que tu dis sur la nourriture… mais si j’avais pensé un jour que ça venait d’autre chose que moi.
    J’ai tendance à manger sans sel et sans sauce. D’ailleurs, beaucoup m’ont demandé comment je pouvais faire pour manger comme ça.
    Je varie très peu ma nourriture. Je n’aime pas « prendre le temps » pour faire à manger. Du coup je ne fais que des trucs rapides.
    Je déteste les tomates, du coup, lorsque j’achète un sandwich, je suis du genre à trier pour les enlever.

    Je ne supporte pas le bruit. Ça a tendance à sérieusement m’irriter lorsque j’ai besoin de me concentrer ou lorsque quelqu’un me parle. Le bruit agit comme un parasite et m’empêche d’entendre ce qu’on me dit.

    J’ai passé toute mon enfance en étant phobique social mais en pensant que j’étais extrêmement timide.
    Ma mère m’a toujours dit que j’étais un timide maladif, du coup c’est ce que j’ai cru. Jusqu’à mes 18 ou 19 ans, lorsque j’ai commencé à entendre parler de « phobie sociale ». Ça m’a retiré un poids, mais, comme depuis le début de ma vie, je n’ai reçu aucune aide.
    J’ai quelques souvenirs traumatisant qui me sont restés.
    En Ce1, l’institutrice a distribué une feuille d’interro à tout le monde sauf à moi. La solution semble facile pour l’extrême majorité, qui est de lever la main pour en demander une. Mais moi, non, j’en étais incapable. J’étais comme paralysé, devant ma table, à réfléchir à ce que je pouvais faire sans parvenir à trouver une solution. C’est lorsqu’elle est passée dans les rangs pour regarder ce qu’écrivaient les élèves qu’elle s’est rendue compte que je n’avais pas eu de feuille.

    La peur du regard, la « blemmophobie », je me la suis pronostiqué aussi. Pourtant, j’ai vu une infirmière psy qui m’a parlé de mon regard fuyant en m’expliquant à quel point il était important que je fixe les gens. Mais à aucun moment elle n’a fait le lien avec un problème qui a un nom. Même si elle a eu raison de m’en parler, je me suis senti responsable, donc coupable de l’impression que je donnais aux autres.

    De toute façon, jusqu’à présent, c’est-à-dire pendant mes 36 années de vie, j’ai toujours été le seul responsable de mon comportement. J’ai toujours été le fautif. En plus, avec des parents qui me culpabilisaient souvent, ça n’a pas aidé.
    Forcément, j’ai un gros manque de confiance en moi.

    J’ai des difficultés pour assimiler des choses qui demandent une certaine maîtrise. En général il me faut plus de temps que la moyenne.
    Je me vois comme quelqu’un qui a une très mauvaise mémoire. Cependant, comme je déteste oublier, pour tout ce qui concerne mon quotidien, j’arrive à ne quasiment rien oublier.

    J’ai aussi l’impression d’atteindre les limites de mon cerveau. Comme si j’avais une capacité supérieure à celle qu’il me propose.

    Lorsque j’ai un comportement qui va à l’encontre de celui que je veux adopter, comme m’emporter ou commettre une erreur, je m’en veux énormément, et bien souvent ma réaction est disproportionnée par rapport à ce que j’ai mal fait.
    C’est ce qui m’aide à corriger assez rapidement le tir. Sauf pour les émotions. Etant hypersensible, lorsqu’elles m’envahissent c’est très difficile de leur faire barrière.

    Avec le temps j’ai réussi à cacher ou même corriger pas mal de problèmes. Le dernier qui persiste vraiment c’est mon impulsivité.
    Il y a deux raisons qui la font ressortir :
    (Je précise que je travaille dans le commerce)
    Les réactions imprévisibles de certains clients. Pris au dépourvu je ne réagis pas toujours bien.
    Je ne suis pas spontané à cause de mon besoin d’anticipation. Et le problème c’est que je me sens toujours obligé de répondre ou de réagir rapidement.
    Aussi, je me sens incapable de ne pas répondre à une question, même si je n’ai pas envie d’y répondre (je suis encore en train de travailler dessus mais j’ai fait pas mal de progrès).

    L’autre raison c’est le comportement insupportable (subjectivement) des autres.
    Par exemple, au travail, la dernière fois que j’ai pété un câble c’est parce que les préparateurs de commandes ont laissé la commande d’un client 50 minutes sans la prendre, donc sans la préparer !
    Chacun faisait son truc de son côté (certains travaillaient réellement) et pendant ce temps là le client pouvait attendre sans que personne ne s’en soucie.
    Le manque d’implication, de conscience professionnelle, tout comme l’injustice d’ailleurs, sont des choses qui m’énervent au plus haut point.

    Bref, juste avant le confinement j’étais décidé à passer des test, mais du coup ça devra attendre.

    J’ai tout de même une question.
    Comment un psy nous diagnostique l’autisme ? Via un test ou pendant des séances ?

    En tout cas merci pour ton article. Tant que je n’ai pas fait de test je ne suis sûr de rien, mais il me donne la voie à suivre, dans l’espoir de savoir enfin qui je suis.

    J’ai laissé mon adresse mail, si jamais tu souhaites échanger un peu.

    • med dit :

      je me reconnais beaucoup, j’ai posté plus haut si tu veux consulter, merci du partage et fais toi confiance après tout ne cherchons pas des réponses dans les yeux des autres alors que nous sommes tous différent c’est ce qui nous rend unique , partageons juste nos perspectives dans le respect et grandissons ensemble(ahhh cette uniformité imposé quelle plaie!!) courage

  • med dit :

    Bonjour et merci pour ton article très intéressant, j’ai été révélé HP sur le tard 35 ans et tout a changé dans ma vie depuis (ce fameux décalage surtout émotionnel). La naissance de mon fils a été le déclencheur, passant ma vie a vouloir sauver les autres en étant incapable de me sauver moi même, des lors je n’avais plus le choix pour m’occuper de mon fils je me devais de m’occuper de moi-même. S’en ai suivi d’une psychologue qui m’a aidé a faire le ménage cependant toute découverte est venue de moi, en investiguant sur mon ex femme, j’en suis venu au faite (supposé) qu’elle devait être PN, dès lors consultant article et vidéo j’ai vu que leur proie favorite=HP. Je me renseigne alors et consulte ‘trop intelligent pour être heureux’ et omg ma biographie que je n’ai jamais écrite a quelques différence près. le WAIS-IV m’a confirmé cela. je suis passé de serveur (17ans) il fallait mangé a savoir père décédé a 18 ans et mère en psychiatrie(aujourd’hui techniquement bipolaire mais je soupçonne Asperger). J’ai repris les études et en 2 ans me voila propulser en cyber securité et embaucher par une grande compagnie dont je tairai le nom. je ne connaissait rien a ce métier(geek jeu film manga, c’est tout). Bref, j’ai repris contacte avec une amie d’enfance qui me dit qu’elle et ses enfants HP+Asperger) j’ai trouvé cela intéressant curieux de nature je me renseigne sur Asperger et la je prend une autre claque je me reconnais beaucoup a par des exceptions sociales car (serveur caméléon blagueur et oui l’humour est le meilleur lubrifiant social après tout, anti social social!! quel paradoxe, routinier, obsessionnel sur ce qui m’intéresse, peur diverse comme conduire trop de signaux de danger autour, le métro me va très bien), besoin des gens pour découvrir et évoluer mais besoin INTENSE de ma sainte PAIX. Je pense que je vais essayer de me tester car si aujourd’hui je suis en paix car savoir que je suis HP a beaucoup aidé, je me soucis surtout de mon fils et je ne veux pas qu’il soit broyer par la machine sociétale. Voila je voulais partager aussi car je n’aime pas m’exposer d’ordinaire mais …. pour la bonne cause. MERCI pour ton partage puisse t il en aider d’autre pris dans la tempête.

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