Asperger ou Haut Potentiel ? Comment distinguer les deux ?

By Philosophine | Aspie-land

​Dans cet article, nous allons aborder une question qui revient régulièrement dans les commentaires de mes articles ou sur les réseaux sociaux : Asperger ou haut potentiel ? Quelle est la différence ? Comment distinguer les deux ? Peut-on être les deux à la fois ? 

asperger ou haut potentiel

​S'il est vrai que certaines caractéristiques peuvent être communes aux deux, nous allons voir qu'il y a également de nombreuses différences. Avant de creuser le sujet, je voudrais revenir 

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Mea culpa...

​​Suite à mes premiers articles publiés sur le syndrome d’Asperger, j’ai reçu des messages de personnes qui se reconnaissent dans mes écrits et se posent la question d’être sur le spectre de l’autisme. Je me suis rendue compte que commencer ma série d’articles par le thème de la fatigue chez les personnes Asperger n’était pas une super idée.

Chaque aspect du syndrome peut être confondu avec d’autres troubles ou pathologies. Quand je parle de fatigue dans les relations sociales, une personne à Haut Potentiel peut ressentir de la fatigue du fait d’être en décalage avec les autres. Les particularités alimentaires peuvent être semblables (en apparence) aux troubles alimentaires que rencontrent des personnes ​anorexiques. De même que les stéréotypies peuvent être confondues avec des troubles obsessionnels compulsifs.

Ce qui détermine le syndrome d’Asperger est d’une part l’origine exacte et la manifestation spécifique de ces symptômes, et d’autre part, le cumul d’un certain nombre de caractéristiques bien définies.

J’aurais dû commencer par le commencement et lister les caractéristiques du syndrome d’Asperger avant de me focaliser sur les détails ou de suivre mon inspiration du moment.

​Asperger ou haut potentiel ? 

Le point sur lequel il y a souvent confusion, c’est celui entre Asperger et Haut Potentiel (HP). En effet, certains traits du syndrome d’Asperger peuvent être communs (en apparence) à ceux du HP tels que les difficultés de communication avec les autres, une grande sensibilité, le fait de ne pas être dans le moule ou de ne pas trouver sa place…

On peut aussi cumuler les deux auxquels peuvent s’ajouter d’autres troubles tels que le TDA/H (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Comme vous le voyez, ce n’est pas si simple et ça demande de la recherche et une bonne connaissance de soi.

Dans le cas ou Asperger et HP se cumulent, le diagnostic est toujours plus compliqué car les caractéristiques du HP peuvent venir masquer ou compenser certaines difficultés liées à Asperger.

Pour écrire cet article, je me suis largement inspirée d’une conférence d’Alexandra Reynaud auteure des livres Les tribulations d’un petit zèbre et Asperger et fière de l’être, intervenue lors du Congrès de la Douance en 2017 à sur le thème des liens entre HP et Asperger. Cette conférence m’avait permise d’éclaircir ma situation, ayant eu beaucoup de difficultés à me positionner avant de me lancer dans une démarche de diagnostic.  

​Encore des étiquettes...

Vous allez me dire : « Mais pourquoi vouloir un diagnostic et se coller des étiquettes ? Accepte-toi telle que tu es ! »

Si je n’étais pas en situation d’échec social comme je le suis et l’ai toujours été (engendrant isolement et précarité), je ne sais pas si j’aurais fait les démarches. Hélas, dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, le syndrome d’Asperger est un « handicap » parce qu’il est encore trop méconnu et mal compris.

La reconnaissance du syndrome est souvent une étape libératrice qui permet à la personne Asperger de mieux se comprendre, de s’accepter et de pouvoir mettre clairement des limites aux attentes des autres, sans dévalorisation ni culpabilité. Alors oui, il y a toujours le risque de s’enfermer dans ces étiquettes. Mais à partir du moment où la volonté d’évoluer et de sortir de sa condition de victime est présente, le risque s’amoindrit considérablement. 

Dans cet article, nous allons passer en revue les manifestations courantes que l’on retrouve chez la personne porteuse du syndrome d’Asperger, et qui ne sont pas ou peu présentes chez la personne uniquement Haut Potentiel. Enfin, nous verrons comment les deux peuvent se superposer.

​Les caractéristiques d'une personne Asperger

Le syndrome d’Asperger est un trouble neuro-développemental situé sur le spectre de l’autisme à proximité de l’autisme de haut niveau et sans déficience intellectuelle. 

Attention, « haut niveau » ne veut pas dire « haut potentiel » et il y a souvent confusion entre ces deux termes. Un autiste dit de « haut niveau » est u​ne personne dont l'autisme est peu sévère. Il n’y a aucune corrélation entre la catégorisation dite de « Haut Niveau » et le niveau d’intelligence (QI). On trouvera aussi bien des personnes autistes sévères sans déficience intellectuelle que des personnes dont l’autisme est peu sévère mais qui présentent une déficience intellectuelle.

Or, chez l'Asperger, il n'y a pas de déficience intellectuelle.

On peut également distinguer l’autisme de haut niveau sans Asperger de l’autisme avec Asperger. Même si la différence à l’âge adulte est moindre, il faut savoir que les deux ne se développement pas de la même manière. Chez l’autiste de haut niveau  sans Asperger, il y a généralement un retard de l’apparition du langage. Chez l’Asperger, il n’y en aura pas, voire au contraire une précocité, ce qui lui confère un développement différent, basé essentiellement sur la parole.

Le syndrome d’Asperger ayant disparu du DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), toutes les formes d’autisme sont aujourd’hui regroupées sous le terme de Troubles du Spectre Autistique (TSA) et se caractérisent par : des déficits de la communication et des interactions sociales ainsi qu’un caractère restreint et répétitif des comportements et des intérêts.

​​Un ouvrage  que je recommande pour comprendre le syndrome d'Asperger : le guide complet de Tony Attwood.

​Déficit de communication et des interactions sociales

La difficulté majeure d’une personne Asperger ​reste la communication. La difficulté à interagir avec les autres, à saisir l’implicite, les métaphores, les codes sociaux et le non-verbal. 

Elle fera également preuve d’un non-verbal très pauvre. Céant de nombreux malentendus ou mauvaises interprétations de ses paroles. Elle peut être perçue comme une personne naïve du fait de ne pas saisir l’implicite. Malgré tout, bon nombre d’Asperger ont une grande volonté de s’intégrer. Ils vont donc tenter – maladroitement – de se conformer aux règles malgré les difficultés.

Le HP n’a pas de problème à saisir l’implicite, ni les codes sociaux. Bien au contraire, il les comprend tellement bien qu’il a généralement très peu envie de s’y conformer, de jouer un rôle social auquel il n’adhère pas. Cependant, il peut facilement faire semblant pour s’adapter aux situations bien que ça lui coute en énergie. 

​Pour une personne Asperger, cela demandera beaucoup plus d’efforts et de gymnastique cognitive. D’abord pour comprendre la situation puis pour l’imiter. Cela dit, l’Asperger peut évoluer grâce à l’expérience (d’autant plus s’il est HP) ou à l’aide de groupes d’habilités sociales.

​Jusqu’à la vingtaine, j’ai tenté en vain d’imiter les autres pour m’adapter à des situations qui m’échappaient totalement. Puis, lorsque j’ai eu accès ​à la connaissance (livres, internet), le HP qui sommeillait en moi s’est brutalement réveillé, m’aidant à développer quelques habilités sociales même si celles-ci restent limitées, mais suffisantes pour passer inaperçues dans de brefs échanges sociaux. 

​Grâce à mes lectures, observations et expériences, j’ai pu comprendre des situations sociales ou codes sociaux qui m’échappaient ​sans pour autant avoir le désir de m’y conformer. Par exemple, si je comprends un peu mieux le langage implicite entre homme et femme je suis totalement incapable de m’y conformer et je n’en vois pas l’intérêt…

​La difficulté à poser le regard

Poser correctement son regard dans une interaction est un acte qui peut être difficile pour une personne autiste Asperger. Elle aura tendance à avoir un regard fuyant (ou au contraire, fixer un peu trop intensément), ce qui peut être mal interprété.

En effet, dans le langage non-verbal d’une personne neuro-typique (non autiste), ne pas regarder dans les yeux est habituellement signe de gène, de mensonge ou d’absence de franchise. Ce simple geste, l’Asperger doit l’apprivoiser petit à petit. Parfois en développant des stratégies de compensation telles que regarder la bouche ou entre les deux yeux. 

Pourquoi cette difficulté ? J’ai trouvé un article qui recense quelques unes des explications plausibles données par des personnes concernées. Dans mon cas, j’ai l’impression de ne plus avoir accès à mon cerveau dès lors que je regarde la personne dans les yeux.

Je perds le fil de mes pensées et l’acte de parler devient difficile. C’est comme si ma manière de communiquer passait avant tout par le visuel. Je « vois » dans mon cerveau tout ce que je vais dire avant de parler et je dois transformer ces nombreuses images mentales en mots. 

Dès que je regarde la personne dans les yeux, je n’ai plus accès à mon cerveau. Je ne suis plus capable d’aller au delà d’une simple réponse basique. Ce qui m’amène souvent à répondre en écholalie​. C’est-à-dire en répétant une partie de la question de mon interlocuteur, pour me donner le temps de « l’imprimer » dans mon cerveau et donc de réfléchir. Nous reparlerons de l’écholalie dans le paragraphe sur les stéréotypies.

L'autisme expliqué aux non-autiste est un ouvrage complémentaire au précédent avec en plus un regard différence, puisque l'une des auteures de ce livre est autiste.

​Caractères restreints et répétitifs des intérêts

Les intérêts spécifiques et obsessionnels

Les personnes Asperger ont, pour la majorité d’entre elles, un ou plusieurs intérêts qu’on dit « restreints » ou « spécifiques » car ils accaparent la majorité de leur temps et de manière intense et répétitive. L’intérêt spécifique, c’est plus qu’une passion, c’est une obsession qui pousse la personne à accumuler et cataloguer le plus d’informations possibles sur un sujet spécifique. 

Elle aura du mal à s’intéresser à autre chose et aura tendance à orienter toutes conversations avec autrui vers son intérêt spécifique.  

Quand j’étais petite, mon intérêt était les chats. Je parlais de chats à longueur de journée sans me rendre compte que je pouvais ennuyer les gens. ​

Lorsque je me suis prise de passion pour l’alimentation saine, intérêt que je faisais passer au détriment de mes études​, je faisais TOUS les salons bio de l’Est de la France et j’ai découvert à peu près TOUTES les boutiques d’alimentation biologique de l’Est de l’époque. ​

Parfois les intérêts spécifiques sont moins marqués mais la personne présentera des intérêts particuliers pour des choses auxquelles les autres ne porteront aucune attention comme par exemple connaitre par coeur toutes les horaires de train.

​J’ai eu un intérêt pour les plaques d’immatriculation (je l’ai perdu lorsqu’ils ont modifié les plaques en 2009). Je faisais des calculs et des combinaisons avec les chiffres et​ je reconnaissais les voitures des gens grâce à leur plaque d’immatriculation. ​

Récemment, je me suis mise à apprendre tous les départements de France en quelques jours, jusqu’à ce que je les connaisse par coeur et que je ne fasse plus aucune erreur. ​

​Les obsessions et les intérêts restreints ne doivent pas être perçus comme quelque chose de négatif. Je vous invite à lire cet excellent article du blog Le temple bleu qui résume bien ma manière de fonctionner : Les intérêts (pas si) restreints.

​Les intérêts restreints chez les personnes à Haut Potentiel

Chez les personnes à Haut Potentiel, on retrouvera également la présence d’intérêts marqués ou de passions mais celles-ci auront tendance à passer plus rapidement d’un intérêt à un autre. Elles ont soif d’apprendre et de comprendre le monde dans lequel elles vivent.

Alors que les personnes Asperger se focalisent davantage sur des détails qui peuvent n’avoir aucun intérêt pour les autres, avec un but qui n’a pas vraiment de sens (le besoin de cataloguer des informations par exemple) le Haut Potentiel sera plus dans une dynamique de but à atteindre favorisant son évolution.  

Le besoin de routines et les difficultés à gérer les imprévus au quotidien

La personne Asperger a généralement besoin d’un cadre, de repères et que les choses soient clairement définies. Elle a du mal à gérer les imprévus et les changements. Elle peut être très rigide sur les horaires, avoir un planning bien défini et si un imprévu se glisse au dernier moment, c’est la panique ! La stabilité et le fait que chaque jour se ressemble la rassure.

À l’inverse, le Haut Potentiel s’ennuie très vite dans la routine et a besoin de changement, de nouveauté, de surprise. Il a sans cesse besoin de relever de nouveaux challenges que ce soit dans sa vie privée ou professionnelle. Il aime rencontrer de nouvelles personnes et n’est pas déstabilisé quand quelqu’un passe chez lui à l’improviste, contrairement à un Asperger.

Sur ce point, j’ai eu beaucoup de mal à me positionner car je porte ces deux aspects antagonistes en moi.

​Les routines me rassurent, la routine me déprime.

​J’ai un grand besoin de repères, de mini routines quotidiennes, de stabilité. J’ai beaucoup de mal à gérer les imprévus, je déteste les changements de dernière minute à moins qu’ils soient bien cadrés. Je n’aime pas les « on verra au dernier moment ». J’ai besoin de savoir où, quand, comment et avec qui. 

Je n’aime pas qu’on sonne à ma porte sans m’avoir prévenue plusieurs jours à l’avance. Dans 95% des cas, je n’ouvrirai pas. Si j’étais en recherche de travail, j’opterais sans aucun doute pour quelque chose de répétitif et sans surprise. Un travail qui ne laisse pas de place à l’imprévu ou à l’ambiguïté.

Mais je sais aussi que je m’en lasserai certainement très vite… car paradoxalement, je ne supporte pas la routine. J’aime faire les choses de la même manière et en même temps, je n’aime pas que les jours se ressemblent.

J’aime le nouveau et l’aventure, même si c’est toujours très déstabilisant pour moi. J’adore déménager, j’adore me créer de nouvelles habitudes, j’adore voyager, découvrir de nouveaux lieux voire même partir à l’aventure mais toujours dans un cadre plus ou moins balisé et seulement quand c’est moi qui le décide.

Je peux faire une chose de la même manière durant un temps puis d’un coup en avoir marre, prendre un virage à 180 degrés et repartir sur une autre manière de faire durant des semaines. Le changement fait partie du processus d’évolution et je pense que c’est un facteur essentiel à la vie dont je ne veux pas passer à côté.

​Le respect strict des règles

Une personne Asperger aura tendance à respecter strictement une règle ou un règlement tel que le code de la route, les horaires ou une consigne, une notice, la fonction d’un objet. 

Je peux être méga rigide sur des petits détails bêtes et insignifiants comme suivre un traçage pour piéton au sol, ne pas traverser en dehors des passages. Sauf s’il n’y en pas pas à moins de 100m, je ne suis pas maso non plus. Je vais avoir du mal à détourner un objet de son utilisation première pour une autre utilisation sauf si je suis dans une optique de « recyclage » ou de « récupération ».

Je vais respecter les règles et règlements à la lettre parce que « c’est comme ça » sauf dans le cas où ceux-ci me semblent profondément absurdes ou injustes, dans ce cas je vais suivre mes propres règles mais toujours avec une certaine rigidité et sans dévier de mon chemin.

Les stéréotypies

Les stéréotypies sont des gestes involontaires qui rassurent. Ils peuvent se manifester par des frottements, des pressions, des balancements, du flapping (brasser du vent avec ses mains et ses bras comme un papillon) ou encore émettre des petits bruits ou pousser des cris d’animaux particulièrement chez les jeunes enfants. Les stéréotypies s’atténuent généralement en grandissant ou passent plus inaperçues.

Comme Marie-Josée Cordeau, auteur du livre Derrière le mur de verre et du blog 52 semaines avec une autiste Asperger, je frotte mes mains ensemble comme on le fait lorsqu’on a froid. L’hiver ça passe inaperçu, l’été sous la canicule, un peu moins…

Je frotte mon visage très fort aussi quand je dois fournir beaucoup d’effort. Quand j’étais plus jeune, j’avais un peu de corne sur mes index à force de les serrer contre des bouts de tissus, tout comme Marie-Josée explique qu’elle a de la corne entre les doigts là ou les gens « normaux » n’en ont pas, à force de frotter ses doigts entre eux.

​Pourquoi ces stéréotypies ?

​​C'est au delà du stress, bien qu’elles soient intensifiées avec les émotions. Personnellement, je vois la stéréotypie comme une manière de me recentrer dans mon corps et dans l’espace. Je pense que les personnes autistes ont de gros problème d’ancrage, cela se perçoit généralement dans leur allure. 

De ce fait, nous perdons facilement la connexion avec notre corps et nous avons besoin de stimuli pour nous rappeler sa présence. Et ce, surtout lorsque les émotions nous envahissent qu’elles soient positives ou négatives.

Nous avons du mal à ressentir, percevoir notre corps dans l’espace. Par exemple, si je n’ai pas de vêtements sur ma peau, j’ai du mal à savoir où est mon corps, à le ressentir, à le percevoir. Une stéréotypie telle qu’une pression forte ou un balancement permet de reprendre ma place dans le spatio-temporel et de savoir que je suis bien là, au moment présent. C’est un peu comme la personne qui se pince pour savoir si elle rêve ou pas.

Les stéréotypies peuvent aussi se traduire par le besoin d’aligner des objets. Cet acte permet de remettre de l’ordre dans le chaos perçu par notre cerveau. Aligner des objets fait du bien, détend. J’aime énormément aligner des objets, ranger des cartes « dans l’ordre ».

Petite, je prenais beaucoup plus de plaisir à aligner des cartes ou ranger des jeux de société dans leur boite d’une manière bien précise plutôt que de jouer avec. Cela me calmait intérieurement et me soulageait du chaos que me procure le monde extérieur.

Enfin, l’écholalie est habituellement rangée dans la case des stéréotypies bien qu’à mon sens, ce soit davantage un déficit de communication. C’est pourquoi je vous en ai parlé plus haut. L’écholalie consiste à répéter en guise de réponse la phrase ou une partie de la phrase de son interlocuteur.

​Derrière le mur de verre, c'est entrer en immersion durant 52 semaines dans la vie de Marie-Josée Cordeau.

Marie-Josée ​est également l'auteure des minutes autistiques​ qu'elles partagent sur sa chaîne Youtube.

​Autres particularités propres aux personnes Asperger

​L'hypersensibilité et l'hyposensibilité sensorielle

Bien que l’hypersensibilité sensorielle puise être présente chez des personnes non autistes et assez couramment chez les personnes à haut potentiel, ça reste une caractéristique très marquée chez l’autiste où on retrouve soit une hypersensibilité, soit une hyposensibilité ou parfois une variation des deux. 

L’hyper ou l’hyposensiblité peuvent concerner tous les sens :

  • La vue : ne pas supporter les fortes lumières ou au contraire, être attiré par les lumières et les objets brillants.
  • L’ouïe : ne pas supporter les bruits, être gêné par les bruits de fond dans une conversation ou au contraire être attiré par les bruits forts et stridents tels qu’une sirène.
  • Le toucher : ne pas aimer le contact physique, être sensible aux vêtements, aux textures alimentaires ou au contraire rechercher des sensations tactiles fortes telles que des pressions ou être insensible à la douleur.
  • L’odorat : être sensible à la moindre petite odeur ou au contraire, être en recherche d’odeurs fortes et désagréables.
  • Le goût : refuser de manger des aliments au goût prononcé ou au contraire, être en recherche de goûts très prononcés.

L’Asperger est également extrêmement sensible à son environnement. Il ressent tout avec une forte intensité et notamment les émotions des gens qui l’entourent. On dit souvent que les autistes manquent d’empathie, ce n’est pas tout à fait juste. Si les Asperger manquent d’empathie cognitive, (le fait de se mettre à la place de l’autre, surtout s’il n’a jamais vécu la situation), ils sont dotés d’une très forte empathie émotionnelle, beaucoup plus forte que chez une personne non autiste.

​Une grande maladresse physique

Les personnes Asperger présentent souvent des petites difficultés motrices, un manque de souplesse et de coordination des mouvements, leur donnant un air maladroit. Leurs gestes peuvent êtres lents, saccadés, mal coordonnés.

Elles ont souvent une démarche un peu particulière et semblent ne pas habiter leur corps. De ce fait, elles peuvent avoir des difficultés dans des pratiques sportives ou encore pour passer le permis de conduire.

Ma mère me dit toujours que quand je marche, on dirait que je survole le sol. Je ne suis pas ancrée. Elle s’est toujours plus ou moins tracassée de mon air maladroit et des mes petites difficultés de motricité fine bien qu’elle ait mise cela sur le fait je sois gauchère. Mais la gaucherie n’explique pas tout.

Mes gestes sont saccadés, pas fluides. Je manque cruellement de souplesse. Les activités sportives durant ma scolarité étaient ma hantise. J’étais encore plus nulle que les nuls, entre ma maladresse physique, mon incompréhension des règles, le manque du sens de la compétition et l’hypersensibilité sensorielle… un calvaire dont je me serais bien épargnée !

​Les particularités alimentaires

Les personnes autistes peuvent présenter des difficultés avec certains types d’aliments, les textures, les couleurs ou encore les mélanges de saveurs et par conséquent être hyper sélectifs dans le choix de leur alimentation. Ces particularités peuvent avoir un impact sur la santé, d’autant plus si la personne présente une rigidité dans sa routine alimentaire (si elle mange toujours la même chose) ou être un frein à l’intégration sociale.

Mes premiers souvenirs de « bizarreries » alimentaires remontent à l’enfance où je mangeais tout nature (salade, crudités, frites, pâtes…) et ne supportais pas la vue et la texture des sauces, quelles qu’elles soient.

J’avais beaucoup de mal à accepter les mélanges, je préférais les aliments séparés. Il y a des textures que je pouvais difficilement avaler comme certains aliments trop mous, trop liquides ou avec des morceaux. Par exemple, ajouter à des céréales croquantes un ingrédient liquide tel que le lait était visuellement et « texturellement » intolérable.

J’ai aussi quelques réticences à manger des aliments de couleur rouge surtout s’ils sont mélangés à d’autres, comme les plats contenant des tomates.

L’alimentation et la santé faisant parties de mes intérêts spécifiques (donc obsessionnel), j’y accorde beaucoup, beaucouuuuuuuuup d’importance, par conséquent, je n’ai jamais présenté de problèmes majeurs liés à mes particularités. Pour en connaitre davantage, je vous invite à lire mon article Autisme et alimentation : mes bizarreries alimentaires.

Quand Asperger et HP se superpose

Dans sa vision de l’autisme, Alexandra Reynaud parle d’un spectre continuum dans lequel elle place l’autisme sévère à l’une des extrémités et le haut potentiel (sans autisme) à l’autre. 

Et entre les deux, on y retrouve l’autisme de haut niveau dont le syndrome d’Asperger. Ce qui fait qu’entre le syndrome d’Asperger et le Haut Potentiel, il y a tout un spectre avec des personnes qui partagent les deux avec des degrés différents. Je trouve cette théorie assez convaincante.

Lorsque j’ai découvert les caractéristiques d’une personne à Haut Potentiel, je me suis aussitôt retrouvée dans la majorité d’entre elles. Et pourtant, quelques-unes m’échappaient ou ne me parlaient qu’à moitié. Je sentais qu’il y avait « autre chose ».

Le HP ne pouvait pas expliquer certaines de mes difficultés de communication. Lorsque ensuite j’ai découvert le syndrome d’Asperger, j’étais sceptique, je ne m’y retrouvée pas d’une manière claire et évidente. Ce n’est qu’en regroupant les deux (Asperger et HP) que tout s’est éclairé.

Lorsque Asperger et HP se cumulent, la personne aura d’autant plus le désir et la capacité à masquer ses difficultés, ses bizarreries, ses stéréotypies. Cependant, masquer ses difficultés ne veut pas dire qu’elles n’existent plus… elles seront seulement moins visibles aux yeux des autres. 

Les personnes qui cumulent Asperger & Haut potentiel sont d’autant plus difficiles à diagnostiquer du fait de leur sur-adaptation et de leur capacité à « sauver les apparences ». Cette sur-adaptation les pousse à fournir des efforts considérables qui un jour ou l’autre les conduise à l’effondrement qui peut se manifester par un pétage de plombs, une dépression.

Rappelons qu’une étude a mis en évidence que le taux de suicide chez les personnes présentant des troubles autistiques sans être diagnostiquées et particulièrement chez les femmes est supérieur à celui de la population générale.

​Comment cette superposition se manifeste chez moi ?

​– Ayant conscience qu’un être humain évolue dans le changement, mon besoin d’évolution me pousse à aller au-delà de mes routines et rituels quotidiens malgré le stress qu’engendre le changement chez moi. Mes routines, rituels et obsessions sont toujours présents mais moins marqués.

– Ma conscience de blesser l’autre en étant trop directe ou en disant des choses socialement incorrectes me pousse à me retenir, à chercher ce qui est correct ou pas et par conséquent à prendre milles précautions dans ma manière de m’exprimer voire à me renfermer dans le mutisme. De ce fait, j’évite les gaffes sociales et mes difficultés passent inaperçues. Au pire, je passe pour quelqu’un de timide ou de froide et distante.

– Mes intérêts spécifiques sont intenses, obsessionnels mais très variés. Je vais aussi bien avoir des intérêts dénués de sens que j’évite d’étaler en public, étant consciente qu’ils n’ont d’intérêt que pour moi, que des intérêts favorisant ma propre évolution et l’évolution de ce monde que je mets en avant. Mes intérêts « bizarres » passent donc plus ou moins inaperçus.

– Si l’alimentation représente parfois une petite difficulté, ma conscience qu’une alimentation saine est indispensable au bon fonctionnement de l'organisme me permet de contourner certaines de mes difficultés et passent donc inaperçues.

– Apprendre les codes sociaux par l’observation me permet de comprendre par exemple que dans une interaction sociale, il est important de soutenir le regard de l’autre. Même si ça représente une difficulté, je me force à le faire un minimum, passant donc encore une fois inaperçue.

– Comprendre que les stéréotypies ne sont pas forcément très bien tolérées en public fait que je me retiens énormément en société et me lâche totalement chez moi. Mes stéréotypies passent plus ou moins inaperçues.

Il n’y a que l’hypersensibilité qu’il m’est difficile de masquer quoique, pendant longtemps je me suis retenue de boucher mes oreilles lorsqu’un bruit m’agresse (une sirène de pompier, un chien qui aboie…) mais dorénavant, je privilégie mon confort et ne me retiens plus.

J’espère que grâce à cet article, vous pourrez cerner un peu mieux ce qu’est le syndrome d’Asperger et ainsi, le distinguer clairement du Haut Potentiel qui sont deux choses totalement différentes, bien qu’elles puissent se superposer.


About the Author

  • eddy dit :

    Bonjour,
    Cela fait maintenant plus de six mois que je fais des recherches sur le syndrome d’Asperger. J’ai voulu entamer un diagnostic au cra de ma région mais malgré le fait qu’il aient accepter mon dossier, j’ai dû abandonner devant les réticences et même l’interdiction de mes proches de continuer dans cette voie. Je faisais même partie d’un groupe facebook ou je me sentais bien. Aussi, je continue mes recherches car je pense être atteint de ce syndrome de façon modérée. J’ai lu Attwood. J’ai parcouru beaucoup de blog, lu beaucoup de témoignages et j’ai discuté avec beaucoup d’Aspies. Je voudrais vous dire merci de partager dans les détails tout ce qui se rapporte au syndrome à travers le prisme de votre vie. Cela aide beaucoup ceux qui ne peuvent s’appuyer que sur l’auto-diagnostic. Même si beaucoup de choses me font penser que je suis sur la bonne voie, je profite de mon travaiul de nuit pour réunir le plus d’informations sur le sujet afin de lever mes doutes au maximum et finir par m’auto-diagnostiquer. Encore merci de partager votre intimité avec nous.

    • Philosophine dit :

      Bonsoir Eddy,

      Je trouve vraiment dommage que vos proches vous aient empêché d’aller jusqu’au bout de vos démarches. Ce peut être tellement important et libérateur pour certaines personnes de recevoir un diagnostic… Vous avez entièrement raison de poursuivre vos recherches qui permettent dans tous les cas de mieux vous connaitre. Contente que mon article ait pu y participer !

    • Ghyslain dit :

      Selon le modèle de B. Harrisson, nous sommes tous plus ou moins autistes, et tous plus ou moins asperger, qu’on soit HP ou pas. L’HP viendrait du bon équilibre entre la construction rigide et plastique du cerveau. https://1drv.ms/b/s!AgvWNgYISJ2BiCHRMihN6yVx5uH3

      • Philosophine dit :

        Bonjour Ghyslain,

        Je vous remercie pour le partage du livre de B. Harrisson que je lirai avec plaisir dès que j’aurais un peu de temps, pour mieux comprendre sa théorie.

  • Vanessa dit :

    Merci pour cet article très intéressant. Je découvre avec lui ce qu’est vraiment un HP et je trouve -comme vous- que la théorie d’un spectre large entre Asperger et HP et très plausible. Maman d’un garçon de 12 ans qui présente des signe Asperger clairs mais est très habile dans les conventions sociales, je reconnais dans les 2 cas beaucoup de ses comportements. Une nouvelle piste très intéressante, merci!

  • Hln dit :

    Difficile pour moi de me positionner entre les deux. Quand j’essaie de faire comprendre à mes proches que j’aimerais me faire diagnostiquer : pourquoi faire ? Ça va te servir à quoi ?
    Sachant aussi que le coût des tests fait bloquer mon conjoint.
    Je veux juste être testé pour que je puisse dire : si je suis comme ça c’est pas parce que je suis une sauvage asociable fragile et tjs fatiguée juste parce que j’ai un trouble.
    Ça justifierait à mon mari mon instabilité professionnel, mon besoin d’être stimulé
    T’es articles sont toujours intéressant que je suis avec plaisir sur Facebook.

    • Philosophine dit :

      Oh quel dommage que tes proches ne comprennent pas ton besoin d’être diagnostiquée. Cela peut être tellement important pour mieux se connaitre, en parler et pouvoir avancer. Si tu veux tenter le diagnostic d’Asperger, c’est gratuit dans les CRA. Le problème c’est que l’attente peut être très longue et déstabilisante (1 à 2 ans en moyenne). Par contre, pour le HP, il faut en effet débourser… Mais pouvoir mieux cerner son profil par le biais des lectures (livres & articles) est déjà très important je pense !

      Merci pour tes encouragements 🙂

  • Véronique dit :

    Merci pour cet article !! Il est passionnant de lire les témoignages d’autistes Asperger.

    Je me suis posée beaucoup de questions, depuis le début de dépistage de mon fils de 5 ans Aspie-HP (encore sur liste d’attente pour le diagnostic, mais pour moi ça ne fait presque plus aucun doute), en découvrant le syndrome d’Asperger, de savoir si je ne le serais pas moi aussi. Je me savais déjà HP, mais et si il y avait de l’autisme en plus ?

    Ton article me permet de confirmer ce que je ressentais déjà: je ne suis pas autiste moi-même.

    Mais mon HP, je l’espère, m’aide à comprendre et accompagner mon fils 🙂 Même si j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, tant la communication reste difficile, alors même qu’il est mon propre enfant…

    ça me fait drôle, je suis tombée sur ton article via une page sur facebook, et je réalise qu’on était sur le défi des 100 jours ensemble il y a plus de 6 ans (avant la naissance de mon fils d’ailleurs), je me souviens de toi !! 😀

    • Philosophine dit :

      Bonsoir Véronique,

      Je suis allée remonter le temps sur le défi des 100 jours et je suis retombée sur ton profil, Véronique Montoya, je me souviens maintenant ! 😀

      Comme je dis toujours, la frontière est parfois mince entre Asperger et HP même si les caractéristiques à la base sont totalement différentes, elles peuvent se superposer. En tant qu’HP, tu auras sans doute beaucoup plus de clés pour aider et comprendre ton fils qu’une personne neurotypique ou non informée. Ma maman a le même profil atypique que moi, alors elle m’a toujours « comprise » sans aucune difficulté (c’est une chance). Mais hélas la compréhension ne suffit pas. Elle n’a pas pu m’aider à pallier mes difficultés, ne sachant déjà pas gérer les siennes… Aujourd’hui elle regrette de ne pas avoir découvert tout ça plus tôt.

      Contente de t’avoir recroisée ! Au plaisir de te lire ici ou ailleurs 😀

  • Séverine dit :

    Bonjour chère consoeur ! Merci pour cet article extrêmement d étaillé sur le HP et le syndrome Asperger . Moi aussi j’ ai cru d ‘abord être seulement HP avant de me rendre compte que j’ étais Aspie ! Ce fut un choc notamment à cause de l’ image négative que la société a de l’ autisme . Mais c ‘est en train de changer grâce à la contribution de différents Asperger comme vous . J ‘ai une page Séverine Maman Hyper/Tsa où je raconte mon quotidien de maman aspi , maman d ‘un aspi et de 2 tdah . C’est vrai que nous n’ habitons pas notre corps et c ‘est peut-être notre plus grand souci avec l’ hypersensibilité . Je médite tous les jours et cela m’ aide beaucoup pour me reconnecter à mon corps . Je pratique également le yoga , 1 heure par jour . J ‘aime beaucoup explorer ce corps que je connais si mal , malgré 3 grossesses ! Séverine

    • Philosophine dit :

      Bonsoir Séverine,

      C’est vrai l’image véhiculée de l’autisme est encore très stéréotypée. J’ai moi-même mis du temps à réaliser que je pouvais l’être, tant je ne me retrouvais pas dans les caractéristiques classiques qui s’adressent davantage à un profil masculin. J’ai été récemment diagnostiquée mais l’équipe pluridisciplinaire du CRA a eu beaucoup de mal à se positionner dans mon cas… il semblerait que je compense tellement bien que mes difficultés passent totalement inaperçues ! Et pourtant, elles sont bien réélles ces difficultés… Je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à apprendre sur le sujet.

      C’est vrai, s’approprier son corps n’est pas évident, je pense que nous sommes davantage connectés au subtil qu’à la terre. Nous manquons souvent d’ancrage. Vous avez raison, la méditation et le yoga sont de bons remèdes !

      • Séverine dit :

        Bonjour Philosophine , à propos du subtil pensez vous avoir un sixième sens ? Moi par exemple , bien avant de savoir qui j’étais j’ai dit à ma mère , je devais avoir 18/22 ans , que je voyais l ‘âme des gens ! C ‘était très vrai enfant et adolescente . Il y a des personnes que ma famille fréquentait et que d ’emblée je ne supportais pas . Pareil pour les lieux . En devenant adulte j ‘ai l ‘impression que ce sixième sens s ‘est beaucoup atténué à cause de l’ influence matérialiste de notre société . Grâce au yoga et à la méditation et si je suis en forme, mon 6 sens se réactive . Par exemple en lisant le mail d’un proche ou non , et sans rapport au contenu , je ressens immédiatement les états d ‘âme de la personne qui m’ écrit . Autre exemple , je suis dans des groupes d ‘Aspi sur Facebook et il m’ arrive souvent quand quelqu’un raconte ses problèmes de voir juste , de  » sentir  » les causes du problème alors que je ne connais pas la personne ! Quand il y a un procès , rien qu ‘en regardant le visage de l’accusé je sais s ‘il est coupable ou non . Depuis que je sais que je suis aspie j ‘ai repéré deux aspie qui s ‘ignorent ! Je ne suis pas assez proche d ‘elles pour tenter une approche sur le sujet . L ‘une d ‘elle est institutrice dans l’ école de mon fils ( elle a de gros problèmes d ‘autorité ) et une amie aspie a eu la même impression que moi !

        • Philosophine dit :

          Bonjour Séverine,

          Oui en tant qu’hypersensible, je pense que nous avons plus de facilité à développer notre sixième sens. D’ailleurs, je crois que Rudy Simone en parle brièvement dans son livre.

          Me concernant, j’ai toujours vécu des « trucs » bizarres. Petite, j’ai parlé durant plusieurs années à deux « personnes » imaginaires, ce qui a beaucoup intrigué ma mère et ma grande soeur. Très tôt j’ai eu des questionnements sur ce qu’il se passe après la mort et j’avais des intuitions quand il y a allé se passer des choses dramatiques (décès, accident, divorce), ce qui n’est pas cool du tout quand on est enfant. Des rêves prémonitoires aussi et des messages de défunts par le biais des rêves. On perd un peu de ses choses là en grandissant, cpmme vous dites, suite à l’influence matérialiste ou simplement parce qu’on est pris dans un quotidien qui ne nous laisse plus le temps d’être à l’écoute de nos ressentis… J’ai encore des périodes où je me sens très « connectée » et d’autres beaucoup moins…

          Ma maman a également beaucoup d’intuition. Lorsqu’elle était en activité, elle tenait un pressing et elle avait régulièrement des pressentiments sur qui allait venir dans la journée. Par exemple, elle pensait subitement à un client qui n’était pas venu depuis des mois, parfois des années et dans les minutes qui suivaient, elle recevait un coup de téléphone de la personne. Au début elle le disait ouvertement « tiens, c’est drôle, j’ai pensez à vous tout à l’heure » mais ça lui arrivait tellement qu’elle n’osait plus le dire de peur qu’on ne la croie pas !

          Merci pour votre commentaire très intéressant 😀

  • HPerdue dit :

    Bonjour et merci pour cet article.

    Je suis actuellement en questionnement et dans un très, très, grand désarroi.

    Je précise que les particularités de mon fonctionnement psychique m’ont menée au burn-out et à la placardisation (harcèlement professionnel) – je suis fonctionnaire et l’on ne peut pas me licencier, sans cela je suis persuadée que je serais aujourd’hui au chômage. Bien que fonctionnaire, j’ai d’ailleurs par le passé déjà été changée de poste contre ma volonté (comme ce n’était pas possible légalement, on m’a menacée à mots couverts de déclencher un conseil de discipline, et la personne du syndicat qui me conseillait m’a demandé d’accepter le déplacement, sans cela bien sûr le conseil de discipline ne donnerait rien -on n’avait rien de réellement grave à me reprocher- mais il allait rester dans mon dossier, et ce n’était pas bon pour moi paraît-il…)

    Bref.

    J’ai passé un bilan il y a peu au Centre Expert de Créteil, bilan qui consistait en une liste d’entretiens cliniques et des mises en situations uniquement théoriques.
    Au sortir de ce bilan, on m’a dit que j’étais « juste » HPI (résultat du WAIS entre 130 et 140,ce que je savais déjà ayant fait un bilan cognitif début 2016), que je n’étais pas sur le spectre de l’autisme. Que mes difficultés sociales étaient liées uniquement au HPI.

    Cependant il se trouve que l’ADOS me diagnostique « à la limite du spectre » comme on me l’a dit. Au moins sur les aspects sociaux et communicationnels.

    Les psy* n’ont pas relevé d’intérêts restreints chez moi, mais comme elles m’ont en substance demandé si j’en avais et que je ne connais pas bien la définition d’un intérêt restreint (je ne vois pas ce qu’il y a de particulier à s’intéresser à un sujet ou un autre, surtout en tant qu’HP curieuse, et non je n’ai jamais passé 24h d’affilée sur un sujet d’intérêt en oubliant de boire et de manger – de dormir par contre ça peut peut-être se faire lol…) je n’ai pas été en mesure de répondre « oui » pour sûr. Et je crois qu’elles sont passées à côté de plein de choses.

    Concernant les stéréotypies, est-ce qu’elles existent avec les jambes ? Moi ce sont mes jambes qui gigotent, surtout quand je suis assise. Mais pas quand je suis en public…ma mère m’a appris à me tenir ! On voit souvent les enfants (par exemple quand iels doivent rester assis-es à l’école) balancer leurs jambes. Donc je ne sais pas, est-ce que tout le monde ne fait pas cela ? Le rapport du centre expert indique que je n’ai pas de stéréotypies.

    Indice peut-être important, car souvent c’est de famille : mon père et mon frère ont des stéréotypies des mains….mon père lorsqu’il est nerveux, mon frère lorsqu’il est content (au moins lorsqu’il était enfant, mais je ne sais pas s’il le fait encore, car certaines personnes ont pu peut-être se moquer de lui pour cela ).

    L’ADI-R n’a pu être mené car je ne souhaitais pas (pour des raisons qui me regardent) faire intervenir mes parents dans le diagnostic. Donc pas de données sur ma toute petite enfance… Les psy* ont indiqué qu’elles ne concluaient pas au TSA par « manque d’éléments concernant la petite enfance ». Donc en fait elles ne sont pas sûres ! Mais se refusent à donner un diagnostique possiblement erroné, et n’ont pas cherché à pousser plus loin d’une autre façon.

    Partant de là, je me sens vraiment abandonnée par le Centre Expert (on m’a vraiment traitée comme un diagnostic sur pattes depuis le début de mes démarches en 2016, pour aboutir fin 2018 à….ça : « Vous êtes HP madame » – « Merci j’étais déjà au courant, mais je fais quoi -entre autres- pour ma non-compréhension des implicites ? Je pensais que les HP les maîtrisaient…. »). Ah oui, et on me dit que je ne suis pas sur le spectre autistique, mais on veut quand même que j’aille suivre des cours d’habiletés sociales (payants si j’ai bien compris, et je n’ai pas les moyens de payer).

    Je suis bouche bée devant tant d’incohérences…(du moins, pour moi c’est incohérent ; non ?).

    Pour terminer, je lis aujourd’hui votre article, dont le lien a été transmis par une très bonne amie (diagnostiquée aspie il y a quelques mois dans un centre privé parisien) sur son mur fb…..et je me reconnais dans l’immense majorité des traits que vous décrivez comme « asperger » !

    Que dois-je penser ?

    Avez-vous des sources pour distinguer asperger et haut potentiel qui vous ont permis d’écrire cet article (articles scientifiques ou de recherches, témoignages de spécialistes, liste de critères très précis comme un « crible » pour savoir dans quelle catégorie l’on se situe) ?
    Je cherche en vain depuis trois semaines ce type de sources et trouve peu de choses concluantes…et sur les articles de blogs ou de presse, ce qui est décrit un coup comme caractéristique d’un-e aspie devient dans l’article suivant une caractéristique HP, et je m’y perds….complètement !

    Je finis par me demander comment je vais survivre dans ce monde…

    Merci de m’avoir lue.

  • Veronique dit :

    Re-bonjour ! Je viens de tomber sur cette vidéo et j’ai pensé qu’elle pourrait t’intéresser, ainsi que les lecteurs de ton article qui passeraient par là 🙂 C’est une personne de 41 ans qui témoigne de son diagnostic récent TSA et HP (cumulés).
    https://youtu.be/StQNycujKbo

    • Philosophine dit :

      Re-bonjour Véronique !

      Merci pour la vidéo, témoignage intéressant dans lequel je me suis assez bien retrouvée ! C’est bien d’écouter divers témoignages car chaque personne autiste a un profil différent (avec des caractéristiques communes bien sûr) et on peut se retrouver chez l’un et pas du tout chez l’autre !

  • david dit :

    Bonjour
    Un mot tout d’abord: merci merci merci
    J’ai 57 ans et viens de me retrouver à 95% dans votre article.
    Cela fait 50 ans que je me pose des questions…
    Ce qui m’enrage un peu plus est que j’ai vu un psy pendamt 6 mois sans qu’il ne détecte rien.
    Un aspect que vous ne mentionnez pas est l’exploitation par les autres. Ma mère puis beaucoup des femmes que j’ai pu croiser. Aucune mysoginie dans mon propos.
    Heureusement j’ai aussi croisé des personnes très bien veillantes à mon égars, ce qui a pu me réconcilier avec l’humanité comme j’aime à dire.
    Je suis tout à fait d’accord pour insister sur le diagnostique, tellement important même si cela ne change pas les choses. Comprendre est fondamental et permet sûrement de mieux s’accepter, chose qui m’est assez difficile.
    Merci (en police taille 72!).

    • Philosophine dit :

      Bonjour David

      Ravie que mon article ait eu un effet positif sur vous !

      Hélas, cela ne m’étonne pas que votre psy n’est rien détecté puisque la plupart des psy ne sont pas correctement formés à l’autisme et encore moins en ce qui concerne l’autisme chez la personne adulte, qui durant son existence a eu le temps de développer des stratégies d’adaptation ou de camouflage…
      En effet, je n’ai pas parlé du rapport aux autres et des abus, manipulation, exploitation dont les personnes autistes sont trop souvent victimes, car ce n’était pas le sujet de cet article mais j’aurais certainement l’occasion d’y écrire un article si j’ai le courage d’aborder ce sujet difficile.
      Merci pour votre commentaire, j’espère que vous trouverez des réponses à vos questions. Le chemin est long mais ça en vaut la peine !

      • david dit :

        Dans mon entousiasme j’i oublié un aspect: je suis accroc aux jeux plus particulièrement cartes (belotte tarot; étudiant je me souviens y avoir joué 36h non stop). Mais aussi echecs poker…
        Avez vous aussi cela?

        Quant aux abus, je connais bien, trop bien!
        Certaines femmes me voient comme le parfait pigeon (à plumer)… N’y voyez aucune mysoginie mais une simple constatation. D’un autre côté, les hommes que je cotoie sont plutôt des hp et c’est cet aspect qui crée le lien même si ils me trouvent quand même décalé.
        Merci encore, je vais pouvoir aller de l ‘avant moi qui me croyait « coincé »

        • Philosophine dit :

          Bonjour David,

          Personnellement, je ne suis pas accro aux jeux mais les intérêts varient d’une personne à l’autre. En revanche, ce qui caractérise davantage le syndrome d’asperger c’est plutôt l’intensité à laquelle on s’adonne à ses passions.

          Moi aussi je m’entends mieux avec des personnes HP car comme vous dites, cet aspect crée le lien.
          Et pour finir, vous n’êtes pas coincé, juste différent 😉

  • Irma dit :

    « Un autiste dit de ‘haut niveau’ est un autiste dont le QI est égal ou supérieur à 70. »
    C’est inexact, même si cette croyance est très répandue.
    La catégorisation correspondant à l’autisme dit de « haut niveau » dans le DSM V indique que c’est une personne dont l’autisme présente une sévérité de niveau 1. Donc, qui a besoin de peu de soutien. Autrement dit, le handicap est peu sévère (valeur de 1 sur un maximum de 3).
    La déficience intellectuelle est un facteur complémentaire dans le DSM V, indiqué à la fin de la description et clairement distinct des conditions/symptômes de la description diagnostique de l’autisme.
    Donc :
    A) En principe, on peut avoir l’autisme de niveau 3 (très sévère, autonomie peu probable) sans déficience intellectuelle.
    B) En principe aussi, on peut avoir l’autisme de niveau 1 (peu sévère, autonomie envisageable) avec déficience intellectuelle.
    Je connais des gens qui correspondent à la description A. Je connais aussi des personnes qui correspondent à la description B.
    Bref, la sévérité de l’autisme et l’intelligence ne sont corrélés que parce qu’il y a corrélation dans les traits mesurables selon les outils traditionnels de mesure de l’intelligence (teste de QI inadaptés au type cognitif autiste) et d’évaluation de l’autisme (observation des comportements et écarts par rapport à la norme sociale).

    • Philosophine dit :

      Merci Irma pour la correction de cette erreur et le complément d’informations.
      En réfléchissant, vos propos me semblent tout à fait logiques.

  • clarisse dit :

    Merci merci pour ce merveilleux article très clair et donc éclairant!! 🙂

  • schtroumpfette dit :

    Cet article est vraiment intéressant et je m’y reconnais beaucoup. Cette dualité entre HP et Autisme au quotidien… c’est vraiment bien décrit. Merci bien.

    • Philosophine dit :

      Ce double diagnostic HP et autisme débouche sur un profil atypique dans lequel il devient difficile de distinguer les traits propres au syndromes d’Asperger et ceux du HP quand ceux-ci se mélangent… Merci pour votre retour 🙂

  • Sabuline dit :

    Un article très intéressant qui permet de mettre à jour les difficultés de la pose du diagnostic TSA Asperger quand on a un profil HP. Le HP permet de compenser jusqu’au jour où la compensation ne suffit plus parce que les exigences sociales, professionnelles ou scolaires sont devenues trop difficiles à vivre à cause de l’incompréhension de l’implicite. Si on a la chance d’être bien orienté, on peut comprendre que le mal être, la dépression est la conséquence et non la cause des difficultés vécues au quotidien par le jeune qui ne se reconnaît plus dans le profil HP et ne comprend pas pourquoi il n’y arrive plus alors qu’on lui dit qu’il a des capacités.

  • JPEG dit :

    « *Edit : Une lectrice m’a fait remarquer que d’après le DSM-5, il n’y a aucune corrélation entre la catégorisation dite de « Haut Niveau » et le niveau d’intelligence (QI). En effet, le terme Haut Niveau décrit une personne dont l’autisme est peu sévère (valeur de 1 sur 3). On trouvera aussi bien des personnes autistes sévères sans déficience intellectuelle que des personnes dont l’autisme est peu sévère mais qui présentent une déficience intellectuelle. »

    Elle n’y connait rien, l’autisme de haut niveau est une ancienne classification du DSM -4 et une toujours actuelle de la CIM10, c’est un autisme sans déficience intellectuelle qui est proche de l’autisme typique. Autrement dit contrairement à l’Asperger il peut y avoir développement atypique (retard de la marche, de la propreté du langage). Globalement on attribuait la différence à ce dernier retard de langage, et on laissait entendre que IRP>ICV dans le cadre de l’autisme de haut niveau contrairement à l’Asperger. Or des études montrent la faible différence à l’âge adulte et il n’y a plus de profil psychométrique spécifique dans l’autisme

  • Lola dit :

    Merci pour votre article, étant Asperger et HP, je me retrouve complètement et cela éclaire ma lanterne. J’aime le terme de handicap invisible que j’utilise moi-même depuis quelque temps. Je sais que je suis HP depuis l’enfance, mais la description ne correspondait pas tout à fait à ce que je vivais, d’autant que je suis dysharmonieuse dans ma douance, et je disais souvent avec humour que j’avais des traits autistes, jusqu’à ce que j’ai les renseignements sur le syndrome d’Asperger, et là tout c’est éclairé. Depuis j’apprends à me connaître et accepter certains de mes comportements. Mais je souffre quand mon entourage amical ne comprend pas les efforts que je dois faire pour relationner et qui me mènent parfois à péter un câble quand trop c’est trop. Je pense que je vais envoyer un lien vers votre blog à certaines de mes amies !

    • Philosophine dit :

      Bonjour Lola,

      Ravie que cet article ait pu vous éclairer. Comprendre son propre fonctionnement atypique est un long parcours dans lequel on apprend petit à petit à mettre des mots sur nos ressentis et notre différence. Ce n’est pas un exercice facile alors quand il s’agit de l’expliquer à son entourage, c’est une toute autre histoire !

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