Pourquoi les Asperger sont-ils tout le temps fatigué ?

By Philosophine | Aspie-land

​Aujourd'hui, nous allons aborder le ​thème de la fatigue chez l'Asperger. Je me suis souvent demandée pourquoi une banale conversation de quelques minutes, faire une course ou me retrouver dans un endroit bruyant pouvait m’épuiser bien plus qu’une journée de randonnée dans les hautes Alpes ou qu’un travail acharné sur ​un sujet qui me passionne.

Asperger fatigue

​Puisque la physiologie humaine est l'un de mes domaines de prédilection, j’ai longtemps cru que mon faible système nerveux et mes glandes surrénales épuisées étaient l’unique cause de cette fatigue. ​Ainsi, il me suffirait de retrouver une bonne vitalité pour régler le problème. Ça, c’est avant que je ne découvre les particularités de mon cerveau.​

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​Un gestion différente de l'information

L’autisme étant un trouble neurologique, les personnes autistes sont dotées d’un cerveau qui traite l’information​ d’une manière différente de celui des personnes non-autistes. 

​Extrait du livre L’auti​​sme expliqué aux non-autistes :

​"On pourrait comparer le cerveau à une boite de transmission. Si les neurotypiques* sont équipés d’une boîte de vitesses automatique qui fait toutes sortes de tâches en arrière-plan et de manière fluide, les autistes doivent manœuvrer une boîte de vitesse manuelle. En fait, ils doivent traiter chaque bribe d’information de manière consciente, à l’aide d’une gymnastique cognitive, ce qui explique entre autres les longs délais de traitement de l’information. ​Chez l'autiste, tout entre par les yeux, que ce soit le toucher, l’image ou le son. Les informations qui entrent sont traitées une à la fois par un cerveau qui ne traite que ce qu’il reconnait avoir déjà vu et auquel il a pu associer un schéma de réaction. On comprendra que gérer un cerveau « manuel » est un effort de tous les instants : plusieurs autistes s’épuisent rapidement et certains vont supporter des maux de tête importants des journées entières."

*neurotypique : personne non-autiste

La personne autiste doit gérer l’information manuellement mais en plus, le mode d’emploi de son mystérieux cerveau ne lui a pas été livré à la naissance. Elle va devoir acquérir un certains nombres de codes ​en tâtonnant, au fil de ses expériences, de son observation ou en apprenant de ses nombreux échecs, malheureusement. 

Chaque situation sociale est un défi. Plus une personne autiste passe inaperçue dans les relations sociales, plus elle compense à l’aide d’une gymnastique cognitive intense et épuisante.

​Cet ouvrage a été rédigé en collaboration avec une personne autiste. Ce qui apporte une approche différente et plus complète ​de certaines particularités de l'autisme.

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​Les situations qui m'épuisent

​Toute interaction quelle qu'elle soit

La communication entre individus pour une personne autiste ne se fait jamais de manière naturelle. C’est une gymnastique intellectuelle constante et intense.

Lors d’un échange, outre les mots, il y a des quantités d’informations de l’ordre du non-verbal à décrypter. En plus de devoir ajuster manuellement son propre non-verbal de manière à ce qu’il soit cohérent avec les paroles énoncées.

Pour des personnes non-autistes, ces questions ne se posent pas, puisque pour elles, cette fonction est automatique

​Les endroits bruyants, chargés en stimuli ou en informations

Pour une personne autiste, toutes les informations sont perçues avec la même intensité : bruits, odeurs, stimuli visuels, sensations corporelles… Son cerveau ne fait pas le tri entre les informations.

Par exemple, dans un endroit bruyant, je vais avoir du mal à hiérarchiser les sons. Ils arrivent tous à mon oreille avec la même intensité. Il m'est​ alors très difficile de distinguer les mots de mon interlocuteur. Cela va me demander un effort constant et intense.

Tandis qu'une personne non-autiste filtrera de manière automatique. C’est-à-dire que son cerveau fera passer les bruits de fond au second plan pour se concentrer sur la voix de son interlocuteur. ​Même si en cas de fatigue, elle peut moins bien filtrer. ​

​Les imprévus

​Chaque changement quel qu’il soit est source d’anxiété pour une personne autiste. Le cerveau doit consciemment et manuellement décrypter ces nouvelles informations.

​Quand le changement est prévisible, j’ai le temps de m’y préparer. J'ai le temps de faire la gymnastique mentale nécessaire pour accueillir ces nouvelles informations le plus sereinement possible. 

Mais quand un imprévu se glisse, il n’y a pas de temps de préparation. Dans ce cas, si je suis en forme, je vais gérer au prix d’un effort intense. Et je devrai prendre un petit temps de récupération (quelques heures). En revanche, si je suis fatiguée, je ne vais rien gérer du tout. Cela va me demander beaucoup plus de temps pour récupérer (une journée ou plus).

Les situations qui me ressourcent

​Le calme, la solitude ou la présence de quelques personnes proches et familières

Alors que les personnes neurotypiques se ressourcent en compagnie d’autrui, la personne autiste se ressource dans la solitude. Particulièrement, à l’abri des stimuli, des interactions sociales et de toutes informations qu’elle ne peut pas contrôler.

Avoir un cocon douillet dans lequel se réfugier est essentiel pour une personne autiste. Passer des journées chez moi en tenue confortable, avec le minimum de stimuli et d’interaction sociale me permet de me ressourcer agréablement.  

​La randonnée et le contact avec la nature

La nature offre une panoplie de sensations exaltantes. Comme nous l’avons vu, l’autiste captent toutes les informations qui arrivent à son cerveau avec une forte intensité.

Par conséquent, pour moi qui aime la nature, mes ressentis vont être décuplés et vont apporter énormément de bien-être. Et comme je suis infatigable quand il s’agit de marcher, je me ressource à travers les randonnées. 

M'adonner à mes intérêts

Une personne autiste a une très grande capacité de concentration lorsqu’elle s’adonne à une activité qu’elle aime. Elle peut y consacrer des heures sans sensation de fatigue, faisant abstraction de tout le reste. Ce sont pour elle des activités ressourçantes.

Quand je m’adonne à une activité qui me passionne, telle que la lecture d’un sujet qui m’intéresse ou des arts créatifs, plus rien d’autre n’existe. Je ne vois pas le temps passer. Au point d’en oublier de manger, de dormir ou même d’aller aux toilettes ! Ce qui peut altérer une bonne hygiène de vie si on ne sait pas s’arrêter à temps ! Mais ça c’est une autre histoire…

​Dormir

Si j’ai toujours eu des difficultés d’endormissement, j’ai, heureusement, un excellent sommeil, profond et réparateur. De bonnes nuits de sommeil me permettent de recharger mes batteries.

​Les couvertures lestées offrent un confort sensoriel ​favorisant l'endormissement et un meilleur sommeil chez les personnes autistes en quête de stimulation sensorielle.

​Le couverture lestée remplace en quelque sorte le bon vieux édredons en plumes de nos grands-parents.

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​Comment remédier à la fatigue chez l'Asperger

​L'importance d'une bonne hygiène de vie

Une personne autiste aura tout intérêt à avoir une bonne hygiène de vie : une alimentation physiologique et adaptée à ses besoins, un sommeil réparateur, prendre soin de ses systèmes nerveux et glandulaire qui sont fortement sollicités.

Quand j’arrive à intégrer une alimentation physiologique et une hygiène de vie saine à mes routines journalières, je gère mieux mon quotidien, les stimuli, les imprévus, les relations sociales.

Je ne suis pas en train de dire que l’alimentation physiologique guérit de l’autisme. D'ailleurs, l’autisme n’est pas une maladie, c’est un fonctionnement cérébral différent. L’alimentation ne change en rien mon fonctionnement autistique. Par contre, elle agit sur les conséquences​ telle que la fatigabilité, en me fournissant davantage de carburant pour faire face à mes difficultés. 

Les temps de récupération sont toujours nécessaires après ma séance de gymnastique cognitive intense mais écourtés. Nous verrons dans un  autre article comment l’alimentation peut aider une personne autiste. 

​Connaître son fonctionnement

​Avant de connaitre le syndrome d’Asperger, je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas cumuler plusieurs situations sociales sans m’effondrer à la fin de la journée. À ce sujet d'ailleurs, je vous recommande mon article sur les effondrement autistiques, appelés aussi Shutdown & Meltdown.

​Je ne comprenais pas pourquoi j’accomplissais dans ma journée le 10ième de ce que fait une personne « normale ». Alors que je ne travaille pas !

Je persistais à tenter de m’aligner sur le rythme d’une personne « normale », en m’imposant un emploi du temps. Ou en travaillant sur moi-même à l’aide de développement personnel et de méthodes faites pour les personnes neurotypiques. Mais ça ne fonctionnait pas et je ne comprenais pas pourquoi.

Découvrir mes particularités me permet de comprendre petit à petit qui je suis, de connaitre mes points forts, mes faiblesses, de respecter mes limites. Et surtout de dé-cul-pa-bi-li-ser ! Même si, j’ai encore beaucoup de travail à faire sur ce dernier point.

​Anticiper et faire des choix

Une fois qu’on connaît ses limites, on apprend à anticiper et à faire des choix : planifier sa journée, doser les sorties et les interactions sociales, programmer des moments de pause voire des journées entières, refuser une invitation, annuler un rendez-vous…

Si par exemple, je sais que je vais avoir des interactions sociales dans la journée, telles qu’aller chez le dentiste, faire des courses, je sais que je ne dois rien prévoir de fatiguant pour le reste de ma journée. Et il est possible que je doive rester au calme toute la journée du lendemain également.  

Cette façon de vivre peut me faire passer pour une personne qui se complet dans son petit confort (alors que ma vie est loin d’être confortable), une petite nature, une personne dépressive, qui manque de volonté, d’aller de l’avant ou encore timide et même parfois égoïste !

C’est le problème de handicap invisible. Personne ne s’imagine tous les efforts que je dois faire au quotidien pour m’adapter à un monde. ​ 

​Les avantages d'une gestion manuelle

Parce que toute chose génère du positif et du négatif, avoir un cerveau qui travaille manuellement et sans mode d’emploi peut aussi avoir des avantages. Voici ceux qui me concernent :  

Un sens de l’observation aiguisé.

On me fait souvent remarquer mon sens aigu de l’observation et ma mémoire pour les détails ou les souvenirs. Le fait de devoir gérer l’information manuellement, bribe par bribe, fait que je prête naturellement beaucoup plus attention aux détails. En général, je suis très douée pour repérer ce que d’autres ne voient pas. Je pense que c’est l’un des atouts des personnes Asperger.

Je vais également prêter particulièrement attention à ce qu’on me dit. Si une personne se confie à moi, elle peut être sûre d’être écoutée. Il arrive souvent que des amis qui se sont confiés à moi s’étonnent quand je leur rappelle des années après des propos, des événements, des détails qu’ils m’avaient un jour racontés. Ils sont heureux de voir que quelqu’un les a réellement écoutés. Cela peut-être un point fort en amitié.

Être plus enclin à la réflexion.

Un autre point fort d’un cerveau manuel, c’est qu’on est naturellement entrainé à réfléchir, à se poser des questions. Car si on veut comprendre une situation qui nous échappe ou une interaction sociale, on a pas d’autres choix que d’essayer de la saisir par un raisonnement cognitif. Le monde qui nous entoure ne n’est pas familier et on a un grand besoin de le comprendre.  

​Lire des ouvrages écrits par des personnes autistes, même s'ils ont un profil différent de soi, permet de prendre conscience de la richesse et de la diversité que chaque individu a à offrir à ce monde. 

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​Pour conclure sur la fatigue chez l'Asperger, je dirais une personne ​autiste n’a pas moins de vitalité qu’une personne non-autiste. Cependant, son fonctionnement cérébral atypique l’amène à dépenser plus d’énergie au quotidien qu’une personne non-autiste, dans un monde créé par et pour les neurotypiques. De ce fait, elle va se fatiguer beaucoup plus vite si elle ne connait pas et ne respecte pas son fonctionnement. 

J’espère que cet article aidera les personnes autistes à mieux se connaitre ou à se reconnaitre et les personnes non-autistes à comprendre ce que vit une personne autiste. L’intérêt des ces articles n’est pas de démontrer si un fonctionnement est supérieur à l’autre mais de créer un pont entre les personnes autistes et les personnes non-autistes afin que toutes puissent mieux se comprendre et  interagir ensemble. 

About the Author

  • Vincent dit :

    Salut Philosophine,

    Après avoir lu l’article entièrement, je me pose des questions sur cette fatigue incompréhensible sans être diagnostiqué de quelque façon que ce soit aussi un grand merci pour cette réflexion que tu pose ici.

    Je suppose qu’il y a plusieurs façons de vérifier par diagnostique en cherchant par internet cependant je préfère te le demander dans un premier temps, est ce que tu en connais ?

    Passe une belle journée,

    Vincent

    • Philosophine dit :

      La fatigue n’est qu’une conséquence de l’autisme parmi tant d’autres. Si tu veux te faire une idée, tu peux passer les tests en ligne (non officiels) que j’ai rassemblés sur cette page :
      https://www.philosophine.fr/vie-collective/dans-le-cerveau-de-philo/

      Pour un diagnostic officiel, cela se passe dans les CRA (un CRA par région) ou en cabinet privé auprès d’un psychiatre spécialisé dans le syndrome d’Asperger. Dans le premier cas, les consultations sont gratuites mais les délais d’attente sont très longs (de quelques mois à plusieurs années). Dans le second cas, le plus dur est de trouver un bon psychiatre capable de détecter le syndrome d’Asperger chez l’adulte et les consultations sont à la charge du patient.

      En espérant t’avoir éclairé !
      Bon dimanche.

  • Aspieconseil dit :

    Très intéressant article, merci de l’avoir rédigé, ma fatigue chronique me fait très souvent culpabiliser et c’est encore le cas. Pour le fait d’être diagnostiqué ou non, ce qui compte pour moi, ce sont les propos véhiculés par les personnes, qui sont ou non pertinents sur l’autisme (y compris chez les professionnels neurotypiques revendiqués)

    • Aspieconseil dit :

      Je me suis permis de le proposer sur ma page facebook

    • Philosophine dit :

      Merci pour votre commentaire. Je doute encore de moi et ne me sens pas légitime de parler du syndrome sans être diagnostiquée mais les retours positifs que l’on me fait parvenir confirme mon ressenti. Merci également pour le partage sur Facebook qui a eu un impact très positif pour mon blog !

  • Laetitia dit :

    Bonjour, Je me permets de vous ecrire pour vous signaler que j ai du mal a lire votre article à cause des petites etincelles qui defilent sur l ecran. Si xa ne pose soucis qu à moi laissez les mais dans le cas contraire cela serait judicieux de modifier votre presentation.

    • Philosophine dit :

      Bonjour Leatitia,

      Je suis désolée que vous ayez été gênée par les petites lucioles. Jusqu’à présent vous êtes la première à m’en faire part donc je ne pense pas que cela pose soucis à la plupart des gens. Cela dit, elles disparaissent bout d’une vingtaine de secondes 🙂

  • Merci, 1000 fois 🙂 ça fait du bien de lire venant de quelqu’un d’autre ce que l’on ressent et les questions que l’on se pose . Moi aussi je me suis tournée vers le développement personnel et j’y trouve de nombreux intérêts , mais ça ne « marche « pas en un sens . faire le vide , être dans le moment présent Wahou , quelques secondes tout au plus . J’apprécie aussi ce regard particulier qui s’attarde sur des détails invisibles aux autres . J’évolue le plus souvent dans la nature et je fais des photos qui servent entre autre à animer un blog , l’une des rubriques s’appelle :un autre regard . Je l’ai nommée ainsi avant de me savoir autiste , mais j’avais bien compris que je voyais autrement , et je trouve sympa de partager ça .

    • Philosophine dit :

      Bonjour Marie-Noelle,

      Je pense que nous avons tout intérêt à sortir de l’ombre et à partager nos particularités, notre regard différent sur la vie ainsi s’enrichir des différences des uns et des autres. Je suis ravie que mon article fasse écho à votre ressenti ! Joli blog que vous avez et très jolies photos ! Je suis admirative de la reproduction du labyrinthe de la cathédral Chartes dans votre jardin ! Quelle idée originale 😀

  • Filopon dit :

    Bonsoir Madame Philosophine,
    Très jolie éclaircissement sur nos sensibilités sensorielles et perceptions. Je m’appelle Filopon Luc, diagnostiqué à 49 ans. J’ai un parcours de 10 ans de psychiatrie ambulatoire avant le diagnostic. Je me suis reconnu dans l’épuisement, mes créations culinaires pour répondre à ma carburation et les stratégies émotionnelles pour répondre à l’implicite. Je pratique la course à pied, la randonnée, le vélo et une nouvelle discipline: l’équitation. La faune et la flore m’apporte l’équilibre de mon état d’être. Je fais de l’écriture, de la peinture sur toile et dessin mathématique. Je suis très actif le matin et épuisé le soir. J’aime la solitude et à 52 ans, cette solitude pèse dans mon cœur puéril. J’ai une bonne hygiène de vie qui étonne les relations avec autrui et me révolte lorsqu’on me prend pour un jeune immature, car je ne fais pas mon âge. Vous parlez dans votre témoignage de reconnaissance lorsque vous vous ressourcer. Je dirais essayer de faire preuve de gratitude en soi et autour de Soi. À ce moment, vous allez édifier votre confiance en soi à chaque instant de votre gratitude.
    Agastache Vôtre
    Un chocolat

    • Philosophine dit :

      Bonsoir Jean-Luc,

      Je vous remercie pour votre commentaire encourageant. Vous semblez avoir eu un parcours chaotique (10 ans de psychiatrie ce n’est pas rien !) qui finalement a débouché sur un dénouement positif : la reconnaissance du syndrome d’Asperger. Votre bonne hygiène de vie doit être d’une grande aide au quotidien. Ca l’est pour moi aussi. Vous avez raison, faire preuve de gratitude est quelque chose que nous devrions tous cultiver au quotidien.

      Il parait que c’est courant chez Asperger de faire plus jeune que son âge. On me le dit souvent à moi aussi mais ça ne me dérange pas 😀

      Au plaisir de vous lire ici ou ailleurs !

  • Coucou, ça fait 4 ans que j’ai été diagnostiquée, bientôt 6 ans que j ‘ai découvert que je suis aspie.
    Ca m’a permis de faire ce même travail de compréhension par rapport à la fatigue et puis j’ai continué à creuser quand même et j’ai découvert un autre truc qui peut générer une grosse fatigue, c’est l’électrohypersensibilité. Je pense que beaucoup d’autistes, avec leur système nerveux hyper réactif, hyper perceptif, sont susceptibles d’être plus ou moins électrohypersensible.
    C’est en partie ce qui rend les moments dans la nature si ressourçant: dans la nature, pas de pollutions électromagnétiques!
    Un autre truc qui fatigue de façon très insidieuse, c’est la vie hors-sol, isolé de la terre sur le plan électrique. Pour être à la terre, faut être en contact direct avec des sols naturels (pieds nus ou en chaussures à semelles plein cuir). Quand on est sur des sols PVC, de l’asphalte, des semelles de chaussures plastiques…, on est isolé de la terre sur le plan électrique. Moi ça suffit à me pourrir mon énergie et au bout de quelques heures c’est susceptibles de faire réapparaître des symptômes bizarres (tiraillement dans le dos, dans les jambes, sensation d’oppression, hypotension, perte d’équilibre, de force…).
    Je ne comprends pas que le milieu « hygiéniste » ne se soit pas encore emparé de ça! Ca commence à percer un peu aux USA, mais en France, on rame!
    La fatigue chronique des aspies est souvent en lien avec ce qu’on appelle la fatigue surrénalienne (l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien des autistes a tendance à être hyper-réactif, donc à force de vivre dans le stress, il peut facilement se retrouver épuisé). Les surrénales sont souvent associées au chakra racine et pour pouvoir se recharger, pour pouvoir être nourricière, une racine a besoin de terre!
    Voir le site web du Earthing Institute pour + d’info! Il y a aussi pas mal de vidéo youtube sur le sujet!

    • Philosophine dit :

      Bonjour Caroline,

      Oui, je connais également tous ces sujets et je rejoins ce que tu dis. L’electrohypersensibilité, j’en ai également fait les frais au point de ne plus pouvoir dormir dans une pièce où il y avait des branchements électriques et depuis que j’ai pris quelques mesures basiques, je vais mieux. Mais je reste encore perturbée quand je dors en dehors de chez moi.
      En France, il y a Jean-Philippe Carrère qui évoque le sujet et propose des solutions de branchements électriques à la terre par exemple et autres solutions pour retrouver ce contact avec le sol : https://lespiedsalaterre.org/

  • Carole Bouchut dit :

    Merci pour cet article qui m’aidera certainement.

  • Claire dit :

    Merci infiniment pour cet article ! Mon fils de 17 ans est diagnostiqué depuis 2 ans, et je comprends mieux ses fatigues soudaines et ses difficultés à gérer la dissipation de ses camarades de classe !

    • Philosophine dit :

      Bonjour Claire,

      Ravie d’avoir pu vous apporter quelques éclaircissements. Il est vrai que le lycée n’est pas un lieu de tout repos pour un Asperger, j’avais moi-même beaucoup de mal à rester concentrée parmi l’agitation ambiante. 🙂

  • Steeve dit :

    Merci pour votre article !! Bonjour de la Nouvelle Calédonie..On ne connaît pas trop cet handicap et le fait de vous relire, on comprend mieux les fatigues apparents chez les autistes et spécialement les aspies..

    • Philosophine dit :

      Et oui, le syndrome d’Asperger est un handicap « invisible » qu’il est temps de faire connaitre au grand public ! Ravie de vous avoir éclairé sur le sujet et merci pour votre commentaire 😀

  • CHARLES dit :

    Mon fils est autiste asperger et diagnostiqué depuis ses 18 ans, donc cette année ; finalement je comprends mieux cette fatigue dont parle mon fils et c’est vrai que pour nous les neurotypiques, c’est difficile de comprendre un asperger et son mode de fonctionnement ; j’ai beau essayé de faire de mon mieux en tant que mère je fais encore pas mal d’impairs. Merci pour votre article ça aide des gens comme nous à mieux cerner et à comprendre son enfant, son partenaire ou autre…

    • Philosophine dit :

      Merci pour votre commentaire. Je suis contente de voir que j’arrive à créer des ponts entre personnes autistes et non autistes à travers mes articles 🙂

  • Anette Kuhlmann dit :

    Bonjour,
    Ma fille (20 ans) suspecte depuis un moment d avoir des traits du syndrome, et en effet, à la lecture de votre article, ce n est pas impossible. Pourriez-vous svp nous dire comment se faire diagnostiquer, comment trouver un bon spécialiste pour conduire les tests ?
    Par avance merci
    Anette

  • Eugénie* dit :

    Merci de mettre des mots sur cette fatigue. J’ai mis longtemps à faire le lien entre interactions sociales et ma fatigue. Ton article vient confirmer mon soupçon.
    J’ai pris rendez-vous en libéral et rien que les premiers questionnaires à remplir remuent énormément émotionnellement.
    Je découvre ton blog aujourd’hui mais je sens que je vais y passer du temps 😉

    • Philosophine dit :

      Bonjour Eugénie,

      Ravie que mon article ait pu confirmer tes soupçons !
      J’espère que ce diagnostic ne sera pas trop éprouvant, je sais à quel point ce n’est pas une étape facile !
      Bon courage et au plaisir de te lire 🙂

  • Cally dit :

    Félicitation pour votre article et votre démarche personnelle. J’ai lu une BD  »La différence invisible » aux éditions Delcourt qui a était co-écrit par une personne ayant cette maladie. Je l’ai trouvé excellente pour enfin comprendre ce qu’est ce symptôme et la vie parfois compliqué que cela engendre. Et surtout le ressentit des personnes qui sont encore plus rejeter car cela ne se voit pas forcément.
    Merci aussi à J-Luc Reichmann d’accueillir un jeune atteint du syndrome et extraordinaire dans son savoir au Maître de midi sur TF1
    Courage à vous
    Elodie

    • Philosophine dit :

      Bonjour Elodie,

      J’ai lu aussi « La différence invisible », cette BD de Julie Dachez est très bien faite pour faire connaitre le syndrome d’Asperger aux personnes qui ne le connaissent pas et sont loin de s’imaginer ce que l’on vit au quotidien.
      N’ayant plus de télé depuis plusieurs années, je ne connais pas cette émission mais il est vrai que les Asperger sont de plus en plus médiatisés !

      Merci pour vos encouragement !

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